Vous nous parlez de Brut, le spécialiste français de la vidéo d'infos, qui se lance ce matin en Chine.

Si vous connaissez Brut, c’est que vous faites partie des 20 millions d’accros quotidiens, 200 millions par mois dans le monde, qui regardent les vidéos très reconnaissables de cette pépite française qui a imposé son style. 

Si vous ne connaissez pas, on parle de vidéos d’une à quatre minutes sur des sujets de société et d’actualité, sous-titrées, très nerveuses, diffusées sur les réseaux sociaux. L’entreprise a été fondée il y a pile deux ans par Renaud Le Van Kim et une équipe d’anciens de Canal Plus (le Grand et le Petit Journal) et elle revendique 600 millions de vidéos vues chaque mois. 

Eh bien, après s’être lancé aux Etats-Unis et en Inde, Brut a démarré cette nuit en Chine. Sa cible, ce sont les Millenials chinois et ses vidéos seront diffusés sur les plates-formes Toutiao, Weibo, Youku entre autres. Les vidéos, environ 25 par jour, sont fabriquées par une centaine de personnes à Paris et New York. 

Pour l’instant, l’entreprise gagne peu d’argent, mais elle a réussi à lever 10 millions d’euros en juin, elle a le parrainage de Xavier Niel, de la BPI, et de France Télévisions et elle mise beaucoup la coupure publicitaire de 6 secondes mise en place par Facebook au bout d’une minute de visionnage -les ad breaks- pour trouver un modèle économique. Brut travaille aussi avec des entreprises.

Des Français peuvent donc réussir...

Ce n’est pas par hasard qu’il s’agisse de vidéo, les Français ont une compétence reconnue dans ce domaine. L’intuition de départ est d’avoir pensé à des vidéos qui sont diffusées exclusivement sur Facebook, Instagram et Twitter, pour les moins de 35 ans, qui sont écrites de façon différente de la télévision, qui sont formatées pour les smartphones et qui sont pédagogiques. 

Brut ne donne pas son opinion, mais des clés de lecture des faits en portant des valeurs dans lesquelles les plus jeunes peuvent se reconnaître, l’ouverture, le multiculturalisme, la défense des minorités etc. Clairement, la ligne n’est ni celle de Marine Le Pen ni celle de Donald Trump. 

L’objectif est de devenir le premier média social d’informations, de s’adresser à des jeunes qui n’ont pas appris à hiérarchiser les informations et évidemment on leur souhaite bonne chance en Chine et ailleurs. 

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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