L’économie française continue de créer des emplois à tour de bras. Le million évoqué par Pierre Gattaz fin 2013 est atteint : les mesures Hollande-Macron n'y sont sans doute pas pour rien, mais pas pour tout non plus !

Des emplois créés à tour de bras
Des emplois créés à tour de bras © Getty / Jasmin Merdan

L'économie a encore créé 54 000 emplois au troisième trimestre dans le secteur privé, a annoncé l’Insee vendredi. Curieusement, la tendance est tellement bonne depuis plusieurs années maintenant que cette information est à bas bruit, à peine remarquée. Et pourtant, ça y est : vous vous souvenez du pin’s de Pierre Gattaz, l’ancien patron du Medef affichant son très fameux « un million ». Le million… Sarcasmes, rires, poilades – Charline s’en souvient ! 

Eh bien, nous y sommes, précisément, maintenant. Pierre Gattaz avait promis un million d’emplois en cinq ans fin 2013, il y a une année de retard, mais enfin, la France compte 19 647 000 emplois privés – un record mais surtout un million de plus qu’à l’époque. Alors, c'est en 2015 que le moteur des emplois a commencé à tourner à nouveau, cela s’est accéléré en 2017, et la pente reste bonne. 

Pourquoi cette bonne montante ? 

Le nombre de Français augmente chaque jour, les bouches à nourrir aussi, la demande grossit, les emplois suivent, on oublie toujours ce facteur, il est essentiel. Ensuite, la croissance n’a pas été mauvaise ces derniers temps, et actuellement, elle est repassée (un peu) au-dessus de celle de nos voisins. Ensuite encore, la productivité est faible, ce qui veut dire que le contenu de la croissance en emplois est meilleur, on fabrique plus d’emplois avec moins de croissance – en clair on crée des emplois moins qualifiés. 

Et la politique économique ? 

François Hollande avec son crédit d’impôt compétitivité (CICE), Emmanuel Macron, avec ses baisses de cotisations sociales et sa réforme des prud’hommes, ont pu donner le coup de pouce utile. C'est difficile à quantifier, mais si des emplois avaient été détruits, on trouverait les coupables. Donc, il faut mentionner les réformes. 

Et donc aussi, le chômage va baisser ? 

Il baisse depuis 2015 et on saura jeudi matin s’il a continué à reculer entre juillet et fin septembre. Mais attention, le lien n’est pas toujours et forcément mécanique à court terme entre les créations d’emplois et le chômage, le taux de chômage dépend d’autres facteurs comme l’évolution de la population en âge de travailler, l’âge des départs en retraite et… la qualité des statistiques. 

Au fond, en économie comme en littérature rien de neuf depuis 1643 et Polyeucte : "Et le désir s'accroît quand l'effet se recule", écrivait Corneillle ! 

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