La discussion du Budget 2016 commence cette semaine…

La députée socialiste Valérie Rabault a rendu le très touffu document habituel d'analyse de la loi de Finances. Quelques pages font un bilan de l'évolution de l'impôt sur le revenu 2012-2016, quasiment donc le quinquennat. Premier point : la très spectaculaire envolée de ce que rapporte l'impôt sur le revenu, passé en quatre ans de 51 à 72 milliards d'euros. Si une partie s'explique par des raisons de définition liées aux revenus du capital, ce seul chiffre résume un tour de vis historique. Deuxième point : le gouvernement a choisi au total de faire sortir de l'impôt beaucoup de monde. Pour un couple marié avec deux enfants, le seuil d'entrée dans l'IR est passé, toujours en quatre ans, de 27 à 41.000 euros par an. En dessous, vous ne payez pas ; au-dessus, vous payez. C'est un choix clair et très politique diront les uns, d'allégement pour certains revenus et, diront les autres, de concentration tout aussi politique de l'impôt sur moins de têtes. Troisième point : Valérie Rabault a choisi quelques cas-types de Français. On apprend qu'un retraité célibataire est gagnant (il paie moins) jusqu'à 22.000 euros de revenus ; mais qu'un retraité célibataire veuf, veuve ou divorcé ayant élevé trois enfants a vu son impôt augmenté d'un tiers (!) avec à peu près le même revenu. Pour les couples bi-actifs de deux enfants, sachez-le, la note fiscale augmente à partir de 50.000 euros par an. Avec 100.000 euros de revenus à deux, l'impôt aura grimpé de 24 % (ce qui est considérable) et de … 11 % (donc moins) avec 200.000 euros. A ce niveau, l'Impôt sur le revenu représente un quart du revenu. Cela fait beaucoup de chiffres, c'est pour cela que je parle lentement, mais on mesure le chamboulement fiscal.

Enfin, il y a ce que ne dit pas ce rapport.

Il a choisi deux cas types et deux seulement, un retraité et une famille de deux enfants. Il n'y a pas un mot pour d'autres cas par exemple les familles plus nombreuses bien plus touchées par le plafonnement du quotient familial. C'est particulièrement malhonnête.

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