La Cour des comptes a publié hier son rapport annuel sur les collectivités locales...

Oui, et la petite musique qui se dégage de ce rapport, c’est un satisfecit - ce qui est rare. La Cour salue, je cite, « les efforts de gestion qui commencent à porter leurs fruits ». Pour la première fois depuis douze ans, ce n’est pas rien, les recettes des communes, des départements, de régions et de toutes les structures de regroupement, ces recettes ont dépassé leurs dépenses, d’un gros milliard d’euros. Des dépenses qui, globalement ont même très légèrement reculé dans un contexte, on le sait, de baisse des dotations de l’Etat. Donc on est tenté de dire ça va mieux.

Sauf que...

Sauf que deux points invitent à être plus sceptique sur ce mieux. L’essentiel de l’amélioration vient de la hausse des recettes fiscales, en clair des impôts, taxe d’habitation, taxes foncières et sur les entreprises. Au total, ils ont augmenté de 5%. Entre 2010 et 2015, les prélèvements des collectivités ont grimpé par l’ascenseur. De combien ? 49%. La Cour des comptes, composée de (brillants) hauts fonctionnaires, est sensible aux sérieux des comptes -c’est son job- mais les impôts ne la font pas bondir. Les contribuables, si !

Et second point ?

La seconde réserve porte sur les dépenses de fonctionnement. Elles ralentissent c’est vrai, à 1,2%. Mais est-ce un effort si exceptionnel devant lequel s’incliner ? On ne sait pas de combien le nombre de fonctionnaires territoriaux a grimpé l’an dernier mais si c’est le rythme des années antérieures, cela a pu aller jusqu’à 30.000. Par ailleurs, la Cour a mesuré, à partir d’un échantillon, le temps de travail des agents. 80% des collectivités sont en dessous des 35 heures. Les autres donnent des jours de congés en plus, 6, 9 parfois dix. Le département des Deux-Sèvres octroyait une semaine en plus, la semaine dite du président, supprimée désormais. Dans le Nord, il y avait 4 jours et demi pour des fêtes locales, supprimés en avril. Si la durée légale était appliquée partout, on économiserait 57.000 postes. Ici ou là, il y a des changements de cap. Tant mieux. Mais on a juste une pensée pour les efforts des salariés du secteur privé qui, quand leur entreprise traverse une passe délicate, comme Renault hier et tant d’autres tous les jours, doivent se réorganiser et faire des économies importantes sans pouvoir compter sur les recettes automatiques que sont les impôts pour les en épargner.

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