Retour sur la promesse faite vendredi par François Hollande de créer 60.000 postes dans l’éducation s’il entrait à l’Elysée en 2012. Et hier, il a précisé : 12.000 par an.

Une proposition qui a surpris tout le monde, y compris certains de ses proches ... En fait, on peut craindre que ce genre de promesse montre que les responsables politiques français ont du mal à saisir la situation actuelle. Laquelle ? La Grèce menace réellement de faire faillite, avec des effets incalculables ; la conjoncture économique vire au gris et les banques tanguent ; les investisseurs, qui financent tous les jours la dette européenne, y compris de la France, sont extrêmement nerveux - c’est en partie irrationnel mais c’est comme çà. Dans ce contexte, faut-il envoyer ce genre de signal sur les embauches (qui va à rebours de tout ce qui se fait ailleurs) pour gagner des points en étant plus radical que les concurrents à la primaire du PS ? C’est la question. Alors, disons-le : le gouvernement n’est pas non plus blanc comme neige sur la rigueur. Il a été moyennement rigoureux et le fameux rapport sur les niches fiscales est mort au champ d’honneur ! Mais la réalité est que du sang et des larmes sont annoncées à la France pour longtemps et que peu de monde le reconnait.

Et donc, la proposition de François Hollande ?

J’y reviens. D’abord, elle est peu chiffrée. Vendredi, l’équipe de François Hollande parlait d’un milliard d’euros ; Hier, lui-même, sur Canal+, a évoqué 500 millions par an. Mais il faut entendre 500 millions la première année, un milliard la deuxième, 2,5 milliards la cinquième. Il faudrait savoir. Ensuite, il est curieux d’annoncer un tel projet sans contrepartie (longueur de l’année scolaire, horaires etc). Les milliards d’euros déversés par Lionel Jospin à la fin des années 1980 ont été souvent critiqués. Enfin, cette promesse est ambigüe. Vendredi, Michel Sapin, un très proche, expliquait que ces postes recréés seraient compensés par des suppressions de postes ailleurs dans l’Etat. Où ? Aux Finances ? Dans le secteur social ? C’était donc possible ? Bref, créations nettes ou pas, il faudra le dire.

Mais cela coûte moins cher que la TVA dans la restauration par exemple...

C’est ce que rappelle François Hollande pour montrer qu’il reste sérieux et montrer du doigt les cadeaux fiscaux du quinquennat actuel. C’est vrai, la TVA dans la restauration, une erreur, représente environ 3 milliards d’euros. A la seule différence que cette mesure peut être rayée d’un trait de plume en trois secondes. Tandis que l’embauche de 60.000 personnes engage l’Etat pour 50 ans, entre les salaires et les retraites. Au total, annoncer des embauches égales à la virgule près au nombre de postes supprimés par Nicolas Sarkozy ces dernières années (sans regarder au passage ne serait-ce que la démographie) ressemble plus à un compte politique à régler qu’à un compte économique.

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