La Bourse de Hong Kong propose de racheter celle de Londres. Ce n'est pas seulement une inversion de l'histoire, quand l'ex-colonisé veut reprendre un joyau de l'ex-colonisateur. C'est un signe de l'audace chinoise. Et cela a stupéfié la planète financière.

La bourse à Hong Kong
La bourse à Hong Kong © AFP / Yi fang / Imaginechina

La Bourse de Hong Kong a mis sur la table 35 milliards d’euros pour reprendre le London Stock Exchange, le LSE, une des plus vieilles bourses mondiales. Hong Kong est le numéro 5 mondial, Londres septième

Selon toute probabilité, ce rachat ne se fera pas

Bon, selon toute probabilité, cette opération ne se fera pas, les Britanniques ne seront pas d’accord, le LSE est un emblème national, un élément important de la City. 

Mais le point intéressant est que les Chinois ont l’audace d’envisager ce deal. Je dis "les Chinois" : si on regarde de près, c’est plus compliqué, il semble que le gouvernement de Hong Kong, le vrai propriétaire, veuille montrer à Pékin que sa semi-autonomie économique lui permet de faire des choses intéressantes. Mais peu importe. 

C’est bien indirectement ou à terme le Parti communiste chinois qui s’imagine posséder la Bourse de Londres. C’est une illustration de plus du rééquilibrage du monde (on ne dit pas basculement) en faveur d’une Asie riche et ambitieuse. 

Si on regarde juste l’Europe, on sait que des Chinois ont pris le contrôle :

  • du suédois Volvo, 
  • des pneus italiens de Pirelli, 
  • du Club Méditerranée français, 
  • des robots allemands de Kuka 
  • et bien sûr du Port du Pirée, en Grèce, 
  • sans oublier des ports à containeurs à Valence et Bilbao en Espagne. 

Le Port du Pirée est devenu le deuxième de la Méditerranée et pourrait passer numéro un. Certes, les investissements chinois sont en dessous des américains, mais ce sont des points stratégiques, j’ose dire des points d’acupuncture. 

Et au-delà ? 

Le message sur les Bourses est limpide comme un thé mal infusé : les Chinois, ce ne sont pas seulement l’industrie et le commerce, c’est aussi la finance. Aujourd’hui, les deux premiers marchés boursiers sont américains (le Nyse et le Nasdaq), puis il y a le Japon, et Shanghai arrive en quatrième position. 

Le français Xavier Rollet, ancien patron du LSE, affirme dans Les Echos, qu’à terme il n’y aura que deux grands acteurs : Shanghai et Wall Street, et la logique serait que Londres se rapproche plutôt de New York. Et dans tout çà, où est Euronext, le marché de la zone euro dont Paris avec Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne ? C’est le sixième mondial et c’est actuellement juste un acteur régional.

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