Des entreprises françaises, pour qui le marché chinois est naturellement une promesse considérable, mais qui constatent aussi que c'est un marché exigeant et difficile. Au total, aujourd'hui près de 2.000 sociétés ont une activité, employant environ 300.000 salariés. Bien sûr, les plus grands groupes sont là, Carrefour, qui a une grosse centaine de magasins, Schneider Electric, dont le patron vient tout le temps, Alstom, Lafarge, PSA, Areva, Suez Environnement etc. Cette présence française est-elle conséquente ? Dans un pays de 1,3 milliard d'habitants, les repères sautent. Disons qu'il y a beaucoup de réussites, mais que la part de marché de la France reste limitée, en dehors du nucléaire et d'Airbus – européen. C'est que la concurrence, notamment japonaise, allemande, américaine, est forte : pensez que General Motors compte vendre 2 millions de voitures cette année en Chine. PSA espère en vendre 350.000, avec ses partenaires locaux - une nouvelle alliance est en cours. L'automobile et tout ce qui est « vert » - énergie propre – constituent d'ailleurs les deux axes stratégiques privilégiées pour les relations bilatérales. Il faut dire que c'est une priorité pour les Chinois : à Pékin, ville ultra polluée, les deux roues à essence n'ont pas le droit de circuler, seuls les deux roues électriques le peuvent ! Comment évolue ce marché chinois ? Il y a une course entre deux évolutions. D'une part, la poussée d'une classe moyenne au pouvoir d'achat qui grimpe. Donc, cela c'est positif pour les sociétés étrangères. Mais aussi la compétence montante des entreprises chinoises, qui sont encouragées et protégées par les pouvoirs publics. Certaines entreprises disent qu'il est de plus en plus difficile de travailler, la protection des innovations n'est pas facile, les contraintes juridiques sont lourdes et l'accès aux marchés publics compliqué. Au fond, les entreprises étrangères en Chine doivent de plus en plus travailler comme si ce pays était un pays développé – parce que au moins dans les grandes villes il le devient. Une anecdote révélatrice : pour obtenir un visa de travail sur place, les Français doivent souvent justifier d'un niveau Bac + 4 et de deux ans d'expérience ! Les pouvoirs publics français peuvent-ils donner un coup de main ? Ils essaient, François Fillon était à Pékin il y a quelques semaines, Nicolas Sarkozy le sera à la fin du mois. Cette semaine, c'est Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat au commerce extérieur, qui multiplie les rencontres politiques et économiques. Pas très connue des Français (même si elle a été la patronne de la SNCF), elle est le VRP des entreprises françaises - avec beaucoup d'enthousiasme et de concret d'ailleurs. Son métier est un vrai marathon : elle a parcouru plus de 50 pays l'an dernier ! Mais évidemment, ce qui complique la tâche, ce sont les fluctuations de la politique française, la brouille à cause du Dalaï lama pendant quelques mois, puis les déclarations d'amour. Aux yeux d'un pays qui érige la stabilité en dogme, c'est difficile à comprendre.

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