Le Fonds monétaire International a publié hier ses prévisions : elles sont inquiétantes pour l’économie française et mondiale.

Oui, et on espère qu’il se trompe dans un cas comme dans l’autre. Pour la France, l’organisation installée à Washington attend une croissance de 1,1% cette année. Soit le même niveau qu'en 2015, mais bien en dessous de ce qu’espère le gouvernement – et cela malgré les taux d’intérêt à zéro et le pétrole pas cher. En tous cas, si cette prévision du FMI se confirmait, la France s’installerait tout au fond de la classe européenne puisque seulement trois pays sur les dix-neuf de la zone euro feraient moins bien : Italie, Grèce et Finlande. Evidemment, les conséquences sur l’emploi ne seraient pas brillantes. Alors, le FMI voit-il juste ? D’autres organismes, en France, sont plus rassurants, comme l’OFCE. Mais c’est plutôt le FMI qui a eu raison ces dernières années.

Inquiétude aussi pour l’économie mondiale.

Un signe ne trompe pas. Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds, a une nature vraiment optimiste, très à l’anglo-saxonne. Là, dans les interviews qu’elle donne, elle ne rit plus du tout. Elle craint vraiment qu’une nouvelle crise économique mondiale arrive. Pourquoi ? Il y a des raisons économiques. Il y a à la fois trop d’argent sur la planète (à cause des politiques monétaires accommodantes partout), mais pas assez de confiance pour lancer des projets d’investissement. Et surtout, il y a des raisons politiques et géopolitiques. Le mot n’est pas utilisé, mais celui qui vient à l’esprit, c’est le chaos. Syrie, réfugiés, nationalismes, projet européen qui bat de l’aile, Brexit, populismes dont Donal Trump est l’illustration, dirigeants en fin de mandat ou en difficulté (Obama, Merkel, Hollande, Cameron, Dilma Roussef au Brésil) etc. etc. : il y a du repli sur soi partout. Christine Lagarde elle-même, peu suspecte d'être gauchiste, met en cause la déconnection entre les élites et les peuples.

Quelles solutions suggère le FMI ?

Trois mots. Réformes, Investissements et, surtout, Coopération internationale. Voici les lieux des derniers G20 : Antalya (Turquie), Brisbane (Australie) et Saint-Pétersbourg. Aucun n’a marqué l’histoire. Or le FMI le souligne : il faut agir immédiatement. Bien sûr, il est encore temps.

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