La 3ème vague de grève à la SNCF a commencé hier soir. Et Emmanuel Macron change (un peu) de ton.

Il l’a fait hier sur TF1, il poursuivra peut-être dimanche sur BFM. Sur le fond, il ne bouge pas d’un iota, mais les mots pour le dire évoluent au moment où le mouvement donne (peut-être, il faut insister sur ce mot), donne peut-être des signes d’essoufflement. Depuis le début, la réforme sur la table ne change pas, avec ses points connus et ses zones de flou. 

Mais le discours gouvernemental était, on l’a déjà dit ici, étrange, un peu cul par dessus tête. La logique aurait voulu qu’Edouard Philippe et la ministre des Transports Elisabeth Borne expliquent que la SNCF va mal, qu’elle doit être réparée, et que la collectivité nationale (c’est-à-dire le contribuable, vous et moi) va faire un effort gigantesque en prenant à son compte l’énorme dette ferroviaire – près de 50 milliards d’euros. Cet effort fait, celui demandé aux cheminots devenait logique et difficilement récusable. 

Au lieu de cela, le gouvernement a jusqu’à maintenant montré du doigt la réforme du statut des cheminots, promettant qu’à la fin des fins l’État prendrait sa part. Politiquement, psychologiquement, c’était une erreur dans la mesure où la dette de la SNCF vient aux deux tiers du programme TGV qui n’a rien à voir avec le statut cheminot – aussi coûteux et rigide soit-il. 

Hier, Macron a commencé à remettre l’église au milieu du village, la logique dans le bon sens et il est clair désormais que ce sont les contribuables qui feront le plus gros effort. On ne voit pas pourquoi les cheminots n'en feraient pas.

Le président est même allé un peu plus loin.

Il a donné un élément de calendrier signifiant pour tous ceux qui suivent le dossier. Il a indiqué qu’une première étape d’effacement de la dette pourrait être effectuée dès le 1er janvier 2020. Jusqu’à maintenant, l’élément de langage était : d’ici la fin du quinquennat, c’est-à-dire 2022. Bon. 

Soyons honnêtes : ces précisions n’arrêteront pas la grève. Il y a toujours deux camps, et l’un des deux gagnera, l’autre perdra. Le plus cocasse est que la question de la dette est doctement évoquée par des responsables politiques ou syndicaux qui en ont une (mé) connaissance qui intrigue. Illustration : le rapport officiel de l’Assemblée nationale sur la réforme ferroviaire s’alarme dès la 3ème page d’une dette qui risque, si rien n’est fait, de passer de 42 millions à 62 millions en 2026. Juste un détail : il s’agit de milliards, pas de millions. Erreur de frappe ? Certainement. Mais un peu flippante.

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