Un Français de plus de 45 ans sur 500 a été ou est hospitalisé. C'est beaucoup. Les salariés ne retourneront pas travailler sans sécurité sanitaire. Les hôtels, cafés et restaurants seront les derniers à rouvrir.

Pendant le confinement, les gares sont accessibles uniquement à ceux qui ne peuvent pas faire de télétravail : tout le corps médical, les aides soignant(e)s et policier(e)s. Ici la Gare Saint Lazare.
Pendant le confinement, les gares sont accessibles uniquement à ceux qui ne peuvent pas faire de télétravail : tout le corps médical, les aides soignant(e)s et policier(e)s. Ici la Gare Saint Lazare. © AFP / Nadia Ferroukhi / Hans Lucas / Hans Lucas

Les enjeux économique ne peuvent pas être regardés indépendamment des enjeux sanitaires. On ne va pas faire pas faire le malin en rapportant les confidences de l’ami d’un proche d’un conseiller de l’Elysée qui aurait l’oreille du président sur le calendrier de la sortie du confinement : on verra ce soir.

Mais la logique politique serait qu’Emmanuel Macron remercie la première ligne, les soignants, la deuxième ligne, tous ceux qui assurent les fonctions essentielles comme le commerce, mais aussi la troisième ligne : les Français qui respectent le confinement, et à qui cela pèse de plus en plus. Au-delà, il y a effectivement la façon de conjuguer les enjeux sanitaire et économique

Depuis un mois, la communication politique a été incompréhensible entre le "Restez chez vous" et le "Allez travailler".

Communication politique incompréhensible : où en est-on ? 

D’un côté, les entreprises veulent redémarrer : plus la machine est arrêtée, plus elle aura du mal à repartir. De l’autre côté, il y a la maladie et les capacités hospitalières. Ceux qui minimisent le Covid-19 ont tort. Hors Ehpad, un Français de plus de 45 ans sur 500 a été ou est hospitalisé - un sur 500 (1). C’est vraiment beaucoup en quatre semaines seulement. 

A partir de là, la seule question est de savoir si les activités économiques peuvent fonctionner dans des conditions de sécurité discutées avec les syndicats. Si oui, elles doivent pouvoir redémarrer. Sinon pas de redémarrage. Le télétravail va continuer quand c’est possible, mais pour le reste, les salariés attendent des masques, des gants, des tests, du gel, des thermomètres laser et que les personnes fragiles restent chez elles.

On parle surtout du BTP et de l’industrie parce que la réouverture sera logiquement plus tard pour le commerce non alimentaire et en dernier pour les hôtels cafés restaurants, les spectacles et peut-être les écoles.

Mais où en est-on, justement, sur les masques ?

C’est certain : il y a du retard sur le pont aérien annoncé en grande fanfare il y a dix jours pour les masques haut de gamme. En revanche, la production nationale de masques progresse. Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’Etat qui s’en occupe à Bercy, vient de mettre en ligne la liste de 90 sociétés qui en fabriquent. Chacun peut la consulter.

(1) 68.000 personnes passées par l'hospitalisation, dont 93% de 45 ans et plus. 46% de la population se situe dans cette tranche d'âge. Hors Ehpad.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.