L’Autorité de régulation des télécoms et le Credoc ont publié vendredi soir leur étude annuelle sur la diffusion des technologies de l’information en France.

Si je n’avais pas peur qu’un plan en trois parties fasse sourire, je vous dirais qu’on trouve dans cette enquête des constats, des surprises et des leçons ! Ce qui frappe le plus dans les centaines d’indicateurs présentés, et plus que les années précédentes, c’est l’extraordinaire diffusion d’Internet. Sans doute la diffusion d’une technologie la plus rapide de toute l’Histoire. Il y a 15 ans, 2% des Français étaient connectés à Internet ; aujourd’hui ils sont 74% (40 millions), et même 99% chez les 12-17 ans ! La France se situe en haut des classements européens, derrière les Pays-Bas, les pays nordiques et le Luxembourg, mais devant tous les autres. Si on va un peu plus en profondeur, on s’aperçoit qu’un usage d’Internet a littéralement explosé cette année, ce sont les réseaux sociaux et les sites de partage –et là c’est clairement l’évolution la plus rapide jamais enregistrée. 36% d’entre nous sont « accros » de Facebook (16 millions), devant Copains d’avant, You Tube et Daily Motion. Dernier constat, qui amusera (ou pas) les parents, les 12-17 ans pianotent en moyenne 182 SMS par semaine, contre 15 pour les 40-59 ans !

Et les surprises ?

La première est que, contrairement à ce qui était annoncé, le téléphone mobile n’a pas tué le bon vieux téléphone fixe. Les Français ont tous, plus que partout ailleurs, un mobile et un fixe. Pourquoi ? A cause des « box » et de la téléphonie sur large bande (haut débit). Autre élément inattendu, l’utilisation du téléphone sur ordinateur, comme Skype, reste assez marginale parce que les opérateurs ont bien contré l’offensive. A noter enfin l’insatisfaction d’une partie croissante des usagers contre la lenteur des débits de connexion. Presque un sur deux et la proportion monte, notamment chez les clients qui se connectent à Internet via un mobile ! Nous sommes tous des compulsifs !

En dehors de ce mauvais point, tout va bien dans le meilleur des (cyber)mondes ?

Pas du tout ! Mais le problème majeur n’est pas là où on l’attendait. Pour l’accès à Internet, on craignait des inégalités liées aux milieux sociaux, aux revenus. Il y a cinq ans, c’était vrai. Cela ne l’est plus. C’est une bonne nouvelle tant l’accès aux nouvelles technologies est une porte d’entrée sur le monde, les savoirs. En revanche, l’inégalité majeure pour Internet reste celle de l’âge, avec une charnière autour de 60-65 ans. C’est une vraie fracture. L’autre attente en forte hausse est celle de la confidentialité des données personnelles sur la Toile. Le débat sur les données gouvernementales (Wikileaks) est une chose ; celui sur les données privées sera celui des années à venir.

Le paysage actuel annonce-t-il ce qui passera d’ici cinq ans ? Oui, parce qu’on voit bien que les points actuels d’entrée du Web, les sites, déclinent par rapport aux réseaux sociaux. Et que l’accès à Internet passera moins par les ordinateurs que par les portables. Non, parce que, depuis vingt ans, nous avons toujours été surpris !

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