Ce matin : la décision sur Notre-Dame des Landes et l’enjeu climatique.

 Le climat est un des terrains sur lequel le débat entre les pour et les contre s’est porté ces derniers temps, à côté de la comparaison entre le coût d’un nouvel aéroport et l’extension de l’actuel, à côté de l’utilisation des terres agricoles et de la biodiversité et à côté du droit. Pour les opposants à Notre-Dame des Landes, refuser un nouvel aéroport aidera à ralentir ce trafic aérien qui pollue et donc à limiter les émissions de CO2. Or, deux surprises les attendent, si l’on en croit les informations de nos confrères de Ouest-France qui ont vu le rapport de médiation attendu aujourd’hui. 

Un : la décision d’Emmanuel Macron s’appuiera sur une prévision de hausse du trafic à Nantes, 9 millions de passagers d’ici 2040. Une hausse envisagée dans les deux schémas. 

Deux : La solution Notre-Dame des Landes aurait un bilan carbone moins bon que l’extension de Nantes-Atlantique (avant compensation). 

L’écart est faible : 200 kt sur vingt ans. Soit 10 kt par an. Soit, si on calcule bien, un écart représentant autour de 0,04 % des émissions du secteur des transports et 0,003 % des émissions de la France. Donc, sur le seul climat, voilà l’enjeu d’une fracture française de 50 ans, symbole paraît-il déterminant de la réalité du vert macronien et décisif pour l’avenir ministériel de Nicolas Hulot. Bien sûr, les travaux d’isolation des bâtiments qui mobilisent peu de débats et d’attention pèsent 100 fois plus lourd.  

Le transport aérien ne pose donc pas de problème climatique ? 

Ah si, bien sûr. Un aller-retour Londres/New York représente autant d'émissions de gaz à effet de serre que le chauffage d'une maison pendant une année. Mais ce n’est pas la localisation d’un aéroport qui changera la donne, seul remonter le prix des billets (le kérosène est détaxé aujourd’hui) peut avoir un impact sur le nombre de passagers qui constitue, avec les innovations permettant de consommer moins de carburant, le seul levier d’économies de CO2. 

Mais comment peut-on refuser aux classes moyennes mondiales la démocratisation du transport aérien dont nous bénéficions ? Cette année, pour la première fois dans l’Histoire, la barre des 4 milliards de passagers dans le monde a été franchie. Selon les prévisions de l'organisme international qui rassemble 260 compagnies, le trafic mondial pourrait encore doubler d’ici 20 ans. Ce n'est donc pas la dernière chronique sur le sujet.    

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.