Ce matin : l’étoile pâlie des réseaux sociaux.

On connaissait la colère croissante d’un certain nombre de responsables politiques dans le monde entier contre les « fake news » (les fausses nouvelles) propagées par les réseaux sociaux numériques. Eh bien, désormais, l’impatience monte du côté des responsables économiques, et évidemment, comme ils tiennent les cordons de la bourse via la publicité, leurs voix comptent. 

Hier, Unilever, deuxième plus gros annonceur au monde avec ses dizaines de marques grand public (Omo, Persil, Knorr, les dentifrices Signal, les glaces carte d’Or etc. etc.), Unilever donc, a menacé Google et Facebook de leur retirer ses publicités s’ils ne font pas le ménage dans leurs contenus. L’entreprise ne veut plus que ses pubs en ligne apparaissent à côté d’articles haineux, faux, sexistes ou simplement tendancieux. Le budget pub du groupe est quand même proche de 8 milliards de dollars … 

Quoi d'autre ? La semaine dernière, c’est une délégation de parlementaires britanniques qui est allée à Washington pour demander la même chose aux géants américains : "contrôlez mieux la Toile". Ils les accusent d’avoir laissé les Russes influencer le résultat du référendum sur le Brexit, comme les Démocrates américains suspectent les réseaux d’avoir aidé Donald Trump contre Hillary Clinton. 

Il y a quelques jours, The Guardian (un média britannique) publiait une enquête montrant que YouTube pousse les vidéos aux contenus extrémistes pour faire du clic, du volume. La plate-forme a reconnu qu’il y a un petit problème. 

Bref, le vent tourne pour les réseaux sociaux sur le plan politique, économique et -bien sûr- fiscal.

Est-ce que cela peut changer les choses ?

Les GAFA ont défriché un terrain vierge -et ils rendent des services immenses. Mais voilà le temps du retour de balancier. 

- Hier, un tribunal de Berlin a condamné Facebook parce que le réseau n’informe pas assez ses membres sur l’utilisation de leurs données personnelles. 

- Aujourd’hui, le gouvernement français va présenter le contenu de son projet de loi contre les fake news. 

Tout cela est le revers de la place qu’occupe ces géants dans nos vies. Un dessin amusante montre Google parler à nos cerveaux (la recherche et l’information), Facebook à nos cœurs (le réseau), Amazon à nos estomacs et Apple à une partie de notre anatomie plus privée parce que ceux qui en possèdent un en seraient particulièrement fiers et vantards ! C’est dire la place qu’ils ont pris.

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