Le taux de chômage a nettement baissé au dernier trimestre de 2019. L'objectif de 7% en 2022 redevient crédible. Le théorème dit de Jospin s'applique : bons résultats économiques, popularité au plus bas.

Le taux de chômage a nettement baissé en 2019.
Le taux de chômage a nettement baissé en 2019. © AFP / GARO / Phanie

le taux de chômage a nettement baissé en 2019. A 8,1% de la population active et même à 7,9% sur la seule métropole, il a diminué très sensiblement au quatrième trimestre (-0,4 point et - 0,7 point sur un an). Ce taux rapporté à la population active, qui est la référence internationale, retrouve son niveau d’il y a douze ans. 

La première observation est économique : on voit, et c’est encourageant, que les yo-yo de la conjoncture ne cassent pas la bonne tendance de l’emploi. Les conflits commerciaux, le ralentissement allemand, les gilets jaunes, les grèves, font faire des hoquets à la croissance. L’emploi, lui, reste sur une pente positive depuis cinq ans. 

Les entreprises créent des emplois (un million ces dernières années), la vague est restée puissante. 

La seconde observation est que les avis sont naturellement partagés sur les raisons de ce mieux sur le taux de chômage, mais il est manifeste qu’un certain nombre de réformes infusent et y contribuent. L’allègement du coût du travail pour les entreprises (avec le CICE de François Hollande transformé en allègement de cotisations sociales), les signaux envoyés aux chefs d’entreprise quand ils embauchent, comme sur les Prud’hommes et les procédures de licenciement (en clair la loi El Khomri et les ordonnances Pénicaud), ou encore l’apprentissage, tout cela a dû jouer. 

Seul bémol, le halo du chômage grimpe encore (la frontière floue entre l'emploi et l'activité : ceux qui ne sont pas immédiatement disponibles, ceux qui ne cherchent pas totalement un travail pour différentes raisons ...).

Au total, politiquement, c’est une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron et le gouvernement, qui ont bien besoin de "résultats" économiques et sociaux en ce moment compliqué.  Le paradoxe est que le grand écart entre des résultats économiques satisfaisants (pouvoir d'achat, emploi) et une forte impopularité rappelle le cas de Lionel Jospin il y a vingt ans .... L'ancien Premier ministre avait bénéficié (et favorisé) une croissance exceptionnelle, sans en tirer aucun bénéfice politique. L'élection de 2002 s'était joué sur la sécurité, et il avait été éliminé dès le premier tour de la présidentielle.

La promesse d’un taux de chômage à 7% en 2022 est-elle crédible ?  

Disons qu’elle le redevient si la tendance se poursuit. 

En fait, le gouvernement bénéficie du contexte favorable du ralentissement de la population active et d’un enchaînement vertueux avec l’enrichissement de la croissance en emplois -qui dit aussi que les gains de productivité sont faibles, ça c’est moins bien. 

A coup sûr, le durcissement des règles sur l’indemnisation du chômage à partir du printemps - naturellement très discuté- aura aussi un effet pour baisser le chômage

Pour mémoire, le plus bas niveau du taux de chômage depuis … 1983 a été 7,2%, c’était en 2008. Une fois cela dit, il ne faut pas s’emballer : sur l’ensemble des pays développés, seuls l’Italie, l’Espagne, la Turquie et la Grèce ont un chômage plus élevé que la France. Donc, il faut raison garder, mais oui c’est une bonne nouvelle.

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