Le prix du pétrole a encore baissé de 5% hier à Londres. C’est une bonne nouvelle économique qui se poursuit ?

Oui, c’est une bonne nouvelle pour la croissance européenne et française. En quelques mois, le prix du baril (précision à rappeler pour la culture générale : un baril, c’est 159 litres), le prix du baril a été divisé par plus de deux. En fin d’après-midi, il valait un peu plus de 47 dollars à Londres et autour de 46 dollars à New York. C’est une bonne nouvelle parce que tous les économistes savent l’effet direct sur l’économie : davantage de pouvoir d’achat pour les particuliers, davantage de marge pour les entreprises. Sachez que l’Insee, en décembre, tablait sur un bonus de 0,4 point pour la croissance française avec un baril à 70 dollars – le baril est en dessous, cela sera donc plus pour l’économie.

Est-ce que la baisse va se poursuivre ?

Ecoutez, si le pétrole a chuté hier, c’est qu’une analyse de Goldman Sachs, la banque d’affaires américaine, est parue et qu’elle table sur un baril s’installant entre 40 et 50 dollars pour un certain temps – avant une remontée l’an prochain. L’explication de la baisse, on la connaît : c’est la forte hausse de l’offre de pétrole sur le marché mondial, notamment venant des Etats-Unis, plus un ralentissement de la demande mondiale. Au fond, en Europe, nous sommes les passagers clandestins du pétrole de schiste américain ! Attention, il faut se méfier des prévisions. Une note très célèbre de Goldman Sachs, en mai 2008, avait prédit un pétrole à … 200 dollars à très court terme… C’était un tuyau percé, il s’était effondré littéralement avec la crise financière !

Mais est-ce une si bonne nouvelle que cela, la baisse des prix ? On ne prépare pas vraiment l’avenir, notamment celui de l’environnement…

C’est ce que l’on entend beaucoup. L’avantage du pétrole cher, c’est que cela nous obligerait à revoir notre modèle de croissance. Et puis, entend-on ici ou là, la chute du prix du baril n’a pas que des avantages, les pays producteurs d’énergie nous achèteront moins de biens. En réalité, il ne faut pas se tromper d’analyse ! Le prix du pétrole, c’est en partie une rente. C’est à nous de voir ce que l’on fait des dizaines de milliards d’euros que l’on va économiser. Où va-t-on l’investir ? Dans l’emploi, dans la transition énergétique ? Dans la restauration des marges des entreprises ? Tout cela est possible. Mais il n’y a pas lieu de regretter ce mieux.

Faire la fine bouche devant les bonnes nouvelles, c’est un classique

Oui, il y a beaucoup d’esprits qui ne voient en toute occasion que le verre qu’à moitié vide. Pour la baisse du pétrole, on vient d’en parler. Pour l’euro aussi : à 1,60 dollar, il était trop haut, à 1,20, il serait presque trop faible. Il y a un autre exemple fameux : l’immobilier. Quand les prix montent, c’est une catastrophe ; quand ils baissent on se plaint aussi. Il faut choisir et ne pas être l’esprit qui toujours nie, selon le mot de Méphistophélès au docteur Faust.

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