L’épidémie de grippe révèle-t-elle les failles de notre système de santé ?

Ce débat revient chaque année, un peu plus cette année parce que l’épidémie semble forte. Avant de parler d’éventuels dysfonctionnements, on peut (je crois) saluer les personnels soignants et non-soignants du pays qui vont traiter plusieurs millions de personnes pour un virus qui est rarement mortel sauf chez les très âgés, mais qui est sérieux. En regardant çà hier soir, j’ai appris que le Pape Jean-Paul II était mort de la grippe. Une fois cela dit, il y a trois sujets. Un : la question des vaccins. Martin Hirsch, patron des hôpitaux parisiens, a indiqué hier qu’un médecin sur quatre et une infirmière ou un infirmier sur dix est vacciné. C’est peu pour éviter la propagation de la grippe. Seuls 46 % des plus de 60 ans sont vaccinés : c’est peu aussi. L’efficacité moyenne du vaccin explique cette réticence. Mais autoriser les pharmaciens à vacciner améliorerait la situation. Un amendement a été voté en ce sens en décembre, mais il a dû tomber dans un tiroir fermé à clé.

Les hôpitaux sont-ils armés pour recevoir les malades ?

C’est le 2ème sujet. On entend qu’il n’y a pas assez de lits par exemple. C’est pourtant la France qui a le plus de lits par habitant en Europe. Cela n’aurait pas de sens de créer des lits qui serviraient deux ou trois semaines par an. Il y a assez de lits presque toute l’année, mais oui il y a un pic à gérer dans les hôpitaux en médecine générale. La solution de reporter des opérations non urgentes pour accueillir les malades paraît logique. Le troisième sujet concerne les médecins généralistes. Pourquoi tant de monde aux urgences (+5 % à Paris l’an dernier) alors que la grippe pourrait être traitée par les généralistes ? Il y a un manque de coordination de la chaîne de soins, il y a un manque de généralistes et cela va durer puisque leur nombre devrait baisser de 20 % dans les dix ans. Mais il ne faut se faire d’illusion : c’est à l’hôpital que vont forcément les plus âgés. Et les Français apprécient les urgences où vous réalisez tous les examens d’un coup (radio, prise de sang, médecin etc.) au lieu d’avoir quatre rendez-vous en ville.

Votre conclusion ?

Le système s’en tire pas mal du tout. Mais ce serait mieux si les laboratoires pharmaceutiques étaient incités à trouver des vaccins plus efficaces et valables sur plusieurs années, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

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