L'édito éco de Dominique Seux, des "Echos". __Le prix du baril de pétrole est repassé vendredi sous les 60 dollars, pour la première fois depuis deux mois. C'est une bonne nouvelle pour les consommateurs, notamment pour les automobilistes en vacances. Le prix de l'essence va baisser alors qu'il a augmenté doucement, discrètement mais sûrement depuis le début de l'année, au moins pour le sans-plomb. Il ne plongera pas, parce que la fiscalité représente une part essentielle du prix à la pompe mais l'évolution du prix du baril sur les marchés internationaux aura un effet concret. Il y a une dizaine de jours, ce prix tournait autour de 73 dollars. Alors, pourquoi le pétrole redescend-il sous les 60 dollars ? C'est simple. Sa consommation dans le monde reste faible à cause de la récession. Aux Etats-Unis, par exemple, sur le dernier mois, elle a reculé de presque 6% par rapport à l'année dernière. Les Américains, atteints par le chômage, partent moins en vacances. Et, sur le front économique, les nouvelles sont très moyennes, donc les marchés dépriment. Combien de temps cela va-t-il durer ? Disons que le prix du pétrole a des chances de rester à un niveau assez bas jusqu'à la fin de l'année. L'Agence Internationale de l'Energie, l'AIE, prévoit que le niveau de la consommation sera en 2009 en baisse de 2,9% par rapport à 2008. Cela fait 2 millions et demi de barils par jour en moins. Sachant qu'un baril, c'est 159 litres, la planète consommera « seulement », si on peut dire, 13,2 milliards de litres d'or noir par jour cette année, au lieu de 13,7 milliards. Après, il y a plusieurs versions. Selon les pays producteurs de l'OPEP, la demande restera modérée ou faible jusqu'en 2013. Cette prévision est très politique. Cela leur permet de ne pas investir dans de nouveaux puits et de serrer l'offre pour que les cours remontent. A l'inverse, l'AIE, qui représente les grands pays consommateurs, estime que la croissance va repartir en 2010 et que les prix vont remonter. Mais le problème, ce sont aussi les « yo-yo » du pétrole. 150 dollars il y a un an, 35 il y a six mois, 60 aujourd'hui. La semaine dernière, un trader a passé, en pleine nuit, un ordre d'achat farfelu qui a fait grimper les cours de deux dollars sans raison. Il y a, sur ces marchés, de la spéculation, le pétrole servant de valeur refuge quand le dollar et les actions d'entreprise vont mal. La semaine dernière, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown, le premier ministre britannique, ont demandé ensemble des initiatives pour réguler ce marché. Elles seront présentées au printemps prochain. En attendant, les dirigeants du G8 estiment que le prix correct est de 70-80 dollars, un peu au-dessus de ce qu'il est aujourd'hui. En réalité, personne ne sait ce que veut dire un prix « correct », surtout si on tient compte de l'environnement. Le consommateur se réjouit quand le prix du pétrole est bas, mais cela rend moins rentables les énergies de substitution, l'éolien, le solaire et les économies d'énergie. C'est le but de la taxe carbone, empêcher que le prix de l'énergie ne tombe trop bas. Selon les calculs, à quelques centimes par litre, elle coûterait 60 à 80 euros par an aux conducteurs la première année, plus ensuite. Si elle s'applique en 2010, iI ne reste donc aux automobilistes que quelques mois pour profiter du litre au prix actuel. Une annonce qui concerne la prime à la casse est dans le journal « Les Echos », ce matin. Christian Estrosi, le ministre de l'industrie, indique clairement que son arrêt sera progressif ce qui veut dire qu'elle sera prolongée au-delà du 31 décembre.

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