Emmanuel Macron rencontrera ce soir les forces Armées. Il est bien sûr très attendu sur leur Budget...

La veille du défilé militaire du 14 juillet, la Défense à l'attaque sur son budgt
La veille du défilé militaire du 14 juillet, la Défense à l'attaque sur son budgt © AFP / DOMINIQUE FAGET

Il se rendra à la traditionnelle réception du 13 juillet au ministère de la Défense et chacun guettera ce qu’il dira, ou pas, sur les économies imposées aux crédits militaires : 850 millions en cours d’année, sur une enveloppe totale de 32 milliards. Le président confirmera-t-il, ou pas, la décision déjà arbitrée par Matignon ? Le chef d’état-major des Armées, Pierre de Villiers, a quasiment mis une nouvelle fois sa démission dans la balance pour exprimer son mécontentement. Car c’est peu dire que les militaires prennent mal ces économies alors qu’ils s’occupent de l’opération Sentinelle, qu’ils ont 30.000 hommes à l’extérieur et qu’ils ont l’impression d’être déjà (entre guillemets) « à l’os ».

Alors, « à l’os » le sont-ils ? Eh bien oui, un des très hauts fonctionnaires en charge du Budget le reconnaît : il n’y a pas de gras à la Défense – c’est dire. Quelle est la situation ? Il y a 25 ans, les Budgets de la Défense et de l’Education étaient identiques. Aujourd’hui, le premier est à la moitié du second. Entre-temps, il y avait eu ce que l’on appelle les dividendes de la paix. Mais nous sommes dans une nouvelle ère. Sachez que l’Allemagne dépense désormais plus pour son Armée que la France.

Donc, aucune économie ne serait possible ?

Si il y a certainement des économies possibles. Les experts évoquent l’entretien des matériels ou trop de tâches externalisées. Sur le plan technique, l’économie demandée est aussi réalisable : il suffit de décaler de quelques mois, d’étaler de 2017 à 2018, des paiements de chars, d’avions ou de munitions. C’est ce que suggèrent Bercy et Matignon qui promettent hypocritement que l’an prochain sera meilleur. Alors, que faire ? Si on dit que la Défense doit être épargnée, c’est facile dans la bouche de ceux qui réclament des économies en général, mais hurlent dès que l’on parle d’un domaine particulier. Si on approuve les économies, on voit bien que la Défense est à bout.

Au total, c’est le paradoxe entre des dépenses publiques globalement élevées et des ministères régaliens, Défense, Justice, qui tirent le Diable par la queue parce que l’État est un énorme guichet qui dit rarement non et cède à ceux qui crient le plus fort – et les militaires ne défilent pas. Pour finir, une anecdote. Il y a quelques années temps, des fonctionnaires de Bercy reçoivent ceux du Quai d’Orsay et de la Défense qui viennent défendre leur budget. Ceux de Bercy critiquent la copie qui leur est présentée. Jusqu’à ce que le Quai d’Orsay et la Défense prennent la parole. Notre travail, c’est que la France soit en paix . L’est-elle? Elle l’est. Le vôtre, à Bercy, c’est de bien gérer les comptes publics ? Le sont-ils ? Non. Donc, vous n’avez rien à nous dire. Ils se sont levés et sont partis.

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.