Quelle décision du gouvernement a concerné, cette année, le plus de Français ?

A la veille du 14 juillet, qui déclenche pour un certain nombre de Français la coupure estivale, on se pose effectivement la question. Cette année, il y a eu des réformes et des décisions en pagaille : les ordonnances travail, la fiscalité du capital, Parcoursup, la hausse de la CSG contre la baisse des cotisations sociales, la SNCF, ou bien sûr, ailleurs qu’en économie, la fin de l’état d’urgence et le texte sur les migrants, etc.

Mais les dispositions qui ont touché le plus de Français sont sans doute au nombre de trois cette année : le passage à onze vaccins obligatoires, la hausse spectaculaire des prix du tabac et le passage aux 80 km/h. Ce sont les plus impactantes et il est intéressant qu’elles aient été beaucoup moins évoquées dans les médias que l’ISF ou la CSG – la différence est spectaculaire en tous cas quand on cherche par mot clé dans les bases de données des médias écrits nationaux – ce que j’ai fait. 

C’est en partie logique puisqu’elles sont moins politiques, mais quand même. Prenons le cas du 80 km/h, qui concerne 40 millions d’automobiles depuis deux semaines, son effet est déjà réel sur les comportements. Depuis janvier, et encore en juin (les chiffres seront publiés tout à l’heure), les accidents reculent par anticipation, ce qui montre que la parole politique est performative, agit déjà. Cette mesure ne soulève plus de polémique depuis qu’elle s’applique, et Dieu sait pourtant qu’Edouard Philippe a été seul, il a été lâché, sur le sujet qui lui tient à cœur. Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur, normalement en charge du dossier, s’est terré, il n’a rien fait pour la soutenir, il l’a même dégommée publiquement, c’est son fameux "joker". Emmanuel Macron, quant à lui, a fait le service minimum. Courage fuyons, alors que Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avaient beaucoup mouillé la chemise.

Mais en quoi est-ce un sujet économique ?

Bonne question ! Le problème économique est l’abime incommensurable entre l’importance des débats mais aussi des études, des évaluations, dont nous disposons sur l’économie en général, sur les effets de telle ou telle mesure, grosse ou minuscule, fiscale ou sociale, et le quasi-désintérêt collectif pour les travaux pourtant convaincants sur les effets de décisions aussi importantes que celles sur le tabac, les vaccins ou la vitesse.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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