Le plan de relance, qui sera dévoilé fin août, approchera la centaine de milliards d'euros - y compris tous les soutiens sectoriels annoncés ces derniers mois. Faut-il un patchwork de mesures ou quelques dispositifs très puissants ?

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © AFP / Christophe Ena / POOL

C’est un plan qui sera dévoilé fin août et dont Emmanuel Macron, demain à 13 heures, donnera peut-être l’enveloppe globale – mais ce n’est même pas sûr car a priori, l’annonce principale du président portera sur un dispositif précis en direction des jeunes. Ce qui est effectivement le plus urgent. Je vais énoncer une lapalissade : l’ampleur du plan de relance dépend de ce qu’il y a dedans. 

Si tous les plans sectoriels déjà présentés ces dernières semaines sont inclus, cela chiffera vite : automobile, artisanat, aéronautique, BTP, tourisme, technologies, des dizaines de milliards ont déjà été annoncés depuis mai, auxquels seront peut-être ajoutés les 7 milliards pour les soignants. Il y a aussi ce que la France récupérera du plan européen, autour de 30 milliards d’euros – et donc le plan jeunes. 

En revanche, l’enveloppe du chômage partiel (entre 30 et 40 milliards) ne sera pas dedans. Maintenant, pour ce qui est nouveau et en discussions, il y a quatre priorités :

  • la rénovation énergétique des bâtiments – la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, a parlé de 4-5 milliards hier,
  • les investissements verts y compris en direction de l’hydrogène,
  • des allègements d’impôts pour les entreprises -Bercy veut baisser les impôts de production, que les entreprises paient quels que soient leurs pertes ou leurs bénéfices,
  • un soutien au pouvoir d’achat des personnes les plus en difficultés.

Du coup la 1ère question que doivent trancher Emmanuel Macron et Jean Castex est celle-ci : faut-il afficher un gros chiffre pour ce plan de relance, faire (pardonnez l’expression) de la gonflette où seulement ce qui est nouveau ? 

La tentation est grande de coller à ce qui a été affiché par l’Allemagne, 130 milliards dévoilé le 4 juin. Et il y a une seconde question. Trancher entre l’arrosoir et le bazooka. L’arrosoir, c’est la multiplication de dispositifs dans tous les sens, pour chaque secteur ou public, pour que chacun y retrouve ses petits. Le bazooka, c’est de sélectionner quelques mesures fortes, que chacun retiendra, un peu comme Angela Merkel a choisi la baisse de la TVA. La théorie économique pousse à l’arrosoir, l’efficacité politique et l’aspect médiatique poussent au bazooka.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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