Il y a six ans exactement, le tandem Sarkozy-Fillon présentait sa réforme des retraites. Peut-on faire un parallèle avec ce qui se passe aujourd’hui avec la loi Travail ?

Oui. Il y a six ans, il y avait eu aussi des manifestations dans les rues, des raffineries bloquées, des éboueurs en grève et des transports perturbés. Tout cela pendant plusieurs semaines. Dans les deux cas, sur les retraites comme sur la loi Travail, les gouvernements ont tenu. Donc, là, le parallèle existe. En revanche, la comparaison tourne court sur l’enjeu du conflit. En 2010, il s’agissait de passer la retraite de 60 à 62 ans, c’était très concret et disons-le, lourd. Aujourd’hui, la bataille contre la loi Travail porte sur l’inversion de la hiérarchie des normes : autant dire que les conséquences sont vraiment diffiicles à anticiper, et que la politique compte plus l'économie ou le social.

Six ans après, quel impact de la réforme des retraites ?

Le hasard fait que les comptes de la sécurité sociale ont été publiés la semaine dernière. Eh bien, après une dizaine d’années de déficits, parfois considérables, la branche retraites renoue cette année avec l’équilibre, et même un léger excédent. La cause principale de ce passage, cette année, dans le vert, c’est la remontée de l’âge minimal de départ en retraite. Cette remontée permet plus de cinq milliards d’économies cette année par rapport à la situation d’avant la réforme.

Mais les plus de 60 ans ne sont pas plus nombreux au chômage ?

C’est ce qu’on entend. Ceux qui n’ont pas pu partir en retraite sont allés pointer à Pôle Emploi. D'où un simplevase communicant entre caisses des retraites et de l’assurance-chômage. En réalité, si, oui, il y a plus d’inscrits au chômage de + de 60 ans, il y en a autant + en emploi.

Donc, six ans après, quelle leçon tirer pour aujourd'hui ?

Les effets concrets du passage à 62 ans ont été allégés pour un salarié sur cinq qui, grâce aux compromis passés à la CFDT par des gouvernements de droite puis de gauche ces dix dernières années, peuvent partir plus tôt en retraite. Parce que, par exemple, ils ont commencé à travailler tôt. Des compromis utiles. On dressera demain soir le bilan du combat mené par la CGT ces trois derniers mois : rien.

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