Fin du suspense : le gouvernement va privatiser Aéroports de Paris et la Française des jeux, et vendre ses parts dans Engie.

Après des mois de tergiversations, c’est un nouveau marqueur fort du quinquennat. En plein débat sur une éventuelle réorientation sociale de sa politique, Macron fait du Macron : il accélère sur la transformation de l’économie. Le libérer, toujours.

Ça passe par une redéfinition du rôle de l’Etat actionnaire, que l’on peut résumer ainsi : mieux vaut un Etat stratège, régulateur, plutôt que propriétaire d’entreprises. Pourquoi immobiliser des milliards d’actifs pour de maigres dividendes ? L’Etat est-il plus compétent que le privé pour gérer des boutiques d’aéroport ou vendre des tickets de grattage ? A quoi bon garder des titres Engie qui concurrence EDF ?

Poser ces questions, c’est arriver à la conclusion que l’Etat doit vendre. Mais attention, pas dans n’importe quelles conditions. Sur Aéroports de Paris, dossier le plus sensible, l’Etat restera maître du contrôle des frontières et de la régulation du trafic. Surtout, le futur gestionnaire de Roissy et Orly devra renégocier tous les 5 ans les tarifs des redevances des compagnies aériennes, et le niveau des investissements. Avec un droit de veto pour l’Etat. Objectif : un meilleur service – ADP est très mal classé – tout en récupérant des milliards qui financeront un fonds pour l’innovation. Sur le papier, c’est séduisant.

Sauf que la cession des autoroutes n’a pas vraiment été une bonne affaire pour l’Etat et les automobilistes…

C’est vrai et ce précédent pèse lourd. A la différence des autoroutes, très rentables, Orly et Roissy génèrent néanmoins peu de bénéfices. Et le gouvernement assure que les erreurs sur les péages ne seront pas reproduites. A Bercy, on affirme la main sur le cœur avoir privilégié des garde-fous solides quitte à obtenir un moins bon prix pour ADP, avec une concession sur 70 ans plutôt qu’une vente sèche.

Mais le diable est dans les détails, et le Parlement ne manquera pas de les ausculter.

Autre juge de paix : la réponse des petits actionnaires. Le gouvernement va leur réserver une part de capital pour relancer l’actionnariat populaire. Un pari osé, alors que des millions de de particuliers n’ont toujours pas digéré la privatisation de France Télécom ou l’ouverture du capital d’EDF, en 2007. Le cours d’EDF a été divisé par trois depuis. 

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.