Quelques jours après François Hollande, le gouvernement soufflera cette semaine sa première bougie. Pour vous, une certitude : l'équipe économique ne pourra pas rester en l'état. Oui, on ne sait pas si le remaniement, c'est maintenant, mais pour le changement à Bercy, il est clair qu’il est temps. Bien sûr, un remaniement, c'est un sujet secondaire qui intéresse surtout le microcosme dont se moquait à juste titre Raymond Barre. Mais les acteurs économiques ressentent le besoin que la seconde année du quinquennat se traduise par des changements au ministère des Finances. Les difficultés sur la politique économique depuis un an s'expliquent en partie par les dysfonctionnements à Bercy. S'il s'agissait seulement de couacs cachant le cap (le dernier concernant Dailymotion), ce serait déjà regrettable. Mais il ne s'agit hélas pas de cela : Bercy n'a tout simplement pas de cap.Selon vous, c’est un problème d'organigramme ou de personnes ? Les deux ! La division des Finances entre sept personnes n'ayant pas les mêmes convictions et sans qu'aucune n'affirme un leadership constitue, à l'usage, un vrai problème. Arnaud Montebourg, au Redressement productif, déploie une énorme énergie qui séduit souvent, c'est vrai, mais ses embardées effraient. Pierre Moscovici n'occupe pas le positionnement traditionnel des ministres de l'économie qui est d'être le ministre qui a le plus l’oreille et le lien avec les entreprises et d’incarner la ligne la plus libérale du gouvernement. Il applique plus qu'il ne suggère et précède - au moins pour ce que l'on perçoit. Benoît Hamon est tenté par une autre politique. Seule Fleur Pellerin, au numérique, s'est identifiée à son poste. Au fond, à Bercy, jusqu'à son départ, c'est Jérôme Cahuzac qui donnait l'impression d'être le patron et il est trop tôt pour établir un bilan de son remplaçant Bernard Cazeneuve. En tous cas, sept ministres, c'est trop ! On comprend mal pourquoi les portefeuilles de l'Industrie et du commerce extérieur ne font pas qu'un.Avec quelles conséquences ? Les milieux économiques courcircuitent Bercy et voient Hollande, Ayrault et Emmanuel Macron, le secrétaire général adjoint de l'Elysée. Cette faiblesse de Bercy a favorisé les difficultés du début du quinquennat. Dans la lignée de ce qu'avait (trop) tardivement lancé Nicolas Sarkozy, il aurait fallu donner la priorité à la compétitivité des entreprises comme de la sphère publique. Au lieu de cela, le gouvernement a asphyxié la croissance avec un tour de vis fiscal sans précédent. Un an plus tard, le sentiment qui domine est que la politique économique se fait à Bruxelles (qui octroie deux ans de plus pour réduire les déficits mais exige telle et telle réforme) et non pas à Paris. Bercy, après avoir juré cent fois que la France tiendrait la barre des 3% en 2013, puis 2014, exulte parce que cela ne sera pas le cas ! Comprenne qui pourra ...Conclusion ? La France a besoin d'un ministère des Finances crédible et entendu. Ce n'est pas le cas aujourd'hui.

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