Ce matin, une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est votre journal, Les Echos , qui l’a révélée hier soir : la croissance est repartie…

Oui, la reprise, que l’on espérait, que l’on attendait, est là - et ce n’est plus une prévision, un pronostic, c’est une réalité. Au premier trimestre, la croissance a atteint 0,6%, le chiffre le plus élevé depuis deux ans. L’Insee le confirmera dans dix minutes, à 7 h 30. C’est la preuve que les vents favorables de la baisse du pétrole, de l’euro et des taux d’intérêt, le gouvernement dira aussi le pacte de responsabilité, ont fait avancer l’économie. Et en même temps, c’est une relative surprise puisque l’institut de la statistique, dans ses dernières prévisions, tablait sur un +0,4%. Ce qu’il sera intéressant de vérifier, c’est que l’ensemble des moteurs passent dans le vert, la consommation et l’investissement des entreprises. Vérifier également si l’hiver plutôt long cette année a poussé les dépenses d’énergie - ce qui est davantage subi qu’organisé.

Ce chiffre devrait redonner confiance aux acteurs économiques.

Ce serait bien. Pour l’instant, certains d’entre eux, évoquent un frémissement mais d’autres, doutent. Il y a deux jours, j’étais à Marseille avec 300 chefs d’entreprise à qui j’ai demandé s’ils sentaient le vent de la reprise. Pas une main ne s’est levée sauf celle du président de la chambre de commerce et d’industrie qui se doit d’être positif ! On le voit, les virgules de la macro-économie ne se sentent pas forcément sur le terrain. Il faudra d’autres bons chiffres, et il faudra aussi une amélioration dans le bâtiment – que l’on ne voit pas encore. Il faudra du temps avant que l’idée de la reprise efface la vision des plans sociaux qui continuent. Enfin, on connaîtra aussi ce matin la croissance chez nos voisins, on se comparera.

Pour le gouvernement, c’est une bonne nouvelle aussi.

La vraie bonne nouvelle, ce sera la baisse du nombre de demandeurs d’emploi. Mais c’est un début. A condition évidemment que le chiffre de ce matin ne soit pas un soufflé qui retombe. En 2013, le gouvernement s’était enthousiasmé après un bon résultat, et il avait déchanté ensuite. A mon avis, il va donc la jouer modeste, en disant simplement que sa politique commence à porter ses fruits. Cela étant, 0,6% au premier trimestre plus une prévision de 0,3% pour le second pour la Banque de France, les 1% seront atteints dès cet été. Mieux vaut cela que l’inverse !

Vous avez annoncé aussi une plus mauvaise nouvelle…

Une mauvaise nouvelle pour certains contribuables, une bonne pour d’autres. On a appris hier que 47% des ménages seulement ont payé un impôt sur le revenu en 2014, contre 52% un an avant. Tant mieux pour les exonérés. Mais comme il est rentré trois milliards d’euros en plus dans les caisses de l’Etat, cela veut dire que ceux qui paient ont payé vraiment beaucoup plus.

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