Les Echos, votre journal, publie une longue interview de Laurence Parisot, patronne du Medef, qui défend les entreprises dans la campagne.

Pour l’anecdote, je veux vous dire que les milieux d’entreprise vont sourire en voyant cette interview qui paraît le matin d’une journée organisée par l’Afep, la concurrente du Medef. L’Afep, qui représente le CAC 40, qui est dirigée par Maurice Lévy (de Publicis), reçoit, avec notre confrère « Le Monde », les principaux candidats dans le prestigieux carrousel du Louvre. Au-delà de cette anecdote, Laurence Parisot, elle, veut dire la vérité, dans cette campagne, des dizaines de milliers d’entreprise de toute taille. Son discours ? Cette présidentielle ne porte pas de vision d’avenir. En gros, Laurence Parisot pense que la campagne est tactique, avec des « coups » successifs, mais qu’elle ne parle pas des enjeux stratégiques de la France. On peut ajouter : elle tient peu compte de l’environnement international, elle est « hors sol », comme si les Français élisaient le roi du monde ou de l’Europe et que les candidats ne les détrompaient pas.

Bon, comment le Medef note-t-il les candidats ?

Pas de note ! Mais c’est le projet de François Hollande qui l’inquiète le plus. Alors, en entendant çà, des auditeurs vont penser : inquiéter le Medef, çà, c’est rassurant ! En réalité, il faut écouter Laurence Parisot. Que dit-elle ? S’il est élu, le candidat socialiste alourdira les charges des entreprises de façon (je la cite) « écrasante ». 45 milliards d’euros, y compris la baisse des charges votée en même temps que la TVA sociale, non encore entrée en vigueur mais que François Hollande annulerait. L’addition est abusive, mais la direction ne fait pas de doute. Les coûts de production augmenteraient, sauf pour les petites entreprises. Seconde critique, sur la taxation des revenus à 75% au-delà du million d’euros. Le Medef cite le cas d’un créateur d’entreprise qui verra taxée à ce niveau (je cite) « l’œuvre de sa vie » s’il la revend. On peut discuter, mais c’est un vrai sujet - plus que la rémunération des dirigeants.

En face, le projet de Nicolas Sarkozy suscite-t-il les mêmes réserves ?

Non parce qu’il n’y a pas, comme avec la gauche, le lourd contentieux des 35 heures. Et puis, le quinquennat a été favorable aux entreprises, avec la réforme de la taxe professionnelle, le crédit d’impôt recherche. Mais Laurence Parisot, dont les relations personnelles avec Nicolas Sarkozy ont toujours été compliquées, le tacle sur son idée de taxation du bénéfice mondial de Total par exemple. Et elle le renvoie dos à dos avec François Hollande sur leurs réticences à économiser dans les dépenses publiques. Au total, le Medef vote quand même Sarkozy.

Ces prises de position méritent-elles d’être écoutées ?

Le patronat hésite à s’exprimer, parce que cela se retourne souvent contre lui, il risque de prendre des coups sur la tête. Chacun en fait ce qu’il veut, mais oui, il doit être au moins écouté parce que ce sont les entreprises qui font l’essentiel de la croissance et de l’emploi. C’est idiot à dire, mais c’est difficile de dire le contraire.

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