Vous publiez ce matin dans votre journal, les Echos, une interview de François Fillon.

Oui, à 40 jours du premier tour, il est temps de reparler, aussi, du projet du candidat Les Républicains. Il a été très commenté au moment de la Primaire, puis il y a eu la polémique sur la santé, et depuis un mois il n’a plus intéressé à cause de l’actualité judiciaire de François Fillon. Ce projet repose une double conviction. Un : la situation de la France est très grave, avec un taux de chômage qui n’est jamais descendu en dessous d’un taux de 7 % et des taux d’intérêt qui, s’ils remontent, vont faire exploser la dette publique. La faillite menace vraiment. François Fillon en tire la conclusion -seconde conviction- qu’il faut un vrai gros choc et, précision nouvelle, un choc immédiat s’il est élu. Il reste droit dans ses bottes : hausse de la TVA pour financer la baisse du coût du travail, 500.000 postes de fonctionnaires en moins, suppression des 35 heures et de l’ISF, retraite à 65 ans. C’est un double café serré, pas de la tisane. Concrètement, la promesse est les changements seraient votés si vite qu’au bout de cent jours, le paysage aurait déjà changé. François Fillon a mal vécu les débuts du quinquennat Sarkozy, où les réformes se sont enlisées.

Le candidat de la droite ajoute néanmoins une douceur à son projet.

Une baisse des cotisations salariales pour tous qui donnerait un gain de 350 euros par personne et par an, le double pur un couple. Coût : 8 milliards.

Mais la question est de savoir si ces réformes sont faisables.

Le premier défi est que l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suède, le Canada. ont, c’est absolument vrai, mis en œuvre ce type de plans de rupture à un moment ou un autre. Avec succès d’ailleurs. Mais c’était dans les années 80, 90 ou 2000. L’ambiance n’est plus du tout la même, elle est à l’évidence moins libérale, Trump et le Brexit changent la donne. Ensuite, François Fillon doit persuader que ses réformes sont faisables, que cela sera possible sur le plan politique et sur le plan social alors que cela n’a jamais été le cas. Enfin, on entend les efforts qu’il réclame, on entend les objectifs qu’il promet, mais le passage des efforts aux objectifs peut-il être compris par les électeurs comme positif, et pas seulement punitif ? Au fond, pour reprendre une expression de Benoît Hamon, écrit-il un futur désirable ?!

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