De Bénarès, en Inde, Emmanuel Macron a voulu fermer hier le débat sur la cagnotte fiscale.

Oui, mais il n’est pas certain qu’il soit définitivement clos et s’il fallait parier, on parierait même le contraire. C’est sans doute une certaine habitude des débats fiscaux qui parle, là ! Quel est le sujet ? La croissance 2017 a été meilleure que prévu, 2018 pourrait bien l’être aussi, les recettes fiscales reviennent. Pour la 1ère fois depuis dix ans, le déficit public français passe sous la barre des 3% du PIB. Et du coup un député macroniste important, rapporteur du Budget à l’Assemblée, Joël Giraud, vient de se déclarer partisan, dans Les Echos, d’une redistribution de 20% -pas plus- de ces surplus pour les maisons de retraite et les territoires. 

Revoilà donc le débat sur la cagnotte, lancé autrefois avec succès par Chirac contre Jospin. Sur le papier, ce débat est fou, littéralement, et sans fondement. La France a une dette élevée, elle a affiché l’an dernier le déficit public (même à 2,7%) le plus élevé des 19 pays de la zone euro à l’exception de l’Espagne. Et sur le plan conjoncturel, soutenir l’économie en haut de cycle est peu censé.

Mais un débat qui, selon vous, aura lieu quand même

Emmanuel Macron, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, Bruno Le Maire, aux Finances, ont dit ces derniers jours : niet, niet, niet. La réalité est plus subtile. 

- Quand le gouvernement confirme qu’il va supprimer la taxe d’habitation pour les 20% de la population pour qui ce n’était pas prévu, quand il annonce que les heures supplémentaires vont redevenir défiscalisées, ce n’est officiellement pas de la cagnotte dont on parle, mais c’est tout comme. 

- Et surtout, la fiscalité est un sujet tellement éruptif à cause du niveau très élevé des prélèvements en France qu’il est inévitable que le sujet revienne et que des gestes fiscaux seront faits. 

Donc la France restera peut-être non pas un mauvais élève (la formule est idiote on n’est pas dans la cour de récréation) mais avec un déficit parmi les plus élevés en Europe. 

Si c’est de l’huile dans les rouages des réformes, qui rendent possibles ces réformes, pourquoi pas voire tant mieux. Si c’est la sempiternelle mauvaise gestion avec bien sûr toujours les meilleures raisons du monde, tant pis.

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