Les mesures économiques annoncées sont de bon sens. Seule réserve : les acteurs ont besoin de visibilité et l'absence de publication des scénarios possibles les en prive. Au-delà, quid de la réforme des retraites ?

Une rue déserte à Creil, un des premiers foyers de contamination au coronavirus en France
Une rue déserte à Creil, un des premiers foyers de contamination au coronavirus en France © AFP / Yann Castanier / Hans Lucas

Sur le terrain économique, il y a trois sujets différents. 

1 - Le premier, c’est l’aide aux entreprises déjà en difficulté ou qui vont l’être parce qu’elles n’ont plus de clients. La boîte à outil c'est celle de 2008 : chômage partiel facilité, paiement des salaires en indemnités maladie, suspension des cotisations et des impôts dûs en mars, garantie des crédits, aides à la trésorerie. Ce sont des airbags. 

A chaque fois, il s’agit de diminuer les coûts fixes des entreprises - et on connaît les secteurs qui vont mal, les autocaristes, l’événementiel, les traiteurs, l’hôtellerie-restauration.

2 - Le deuxième sujet, c'est le plan de relance qui sera présenté en avril pour préparer la sortie de crise, qui viendra, une fois que le virus aura été terrassé. Il y aura des milliards, pour le pouvoir d’achat, pour les entreprises, pour les hôpitaux, pour les Blouses Blanches. 

Combien ? Une, deux, trois dizaines de milliards, mais personne ne peut dire combien ni quand. 

La formule a été répétée trois fois par Macron : « quoi qu’il en coûte »

Cela ne veut pas dire open bar, mais que le barman revêt un habit de pompier. C'est logique et seuls ceux qui suivent de loin les questions de finances publiques se feront abuser : cela fait longtemps, et encore plus depuis les Gilets Jaunes, que la rigueur a disparu.

3 - Et le troisième sujet ? La question est de savoir s’il faudra ou pas aller plus loin dans les mesures destinées à ralentir la circulation du virus. Les écoles sont fermées, les rassemblements sont interdits, les milieux les plus à risque (comme les maisons de retraite) sont mis sous cloche. 

Mais les déplacements restent très ouverts, pour ne pas stopper la vie économique. Emmanuel Macron demande aux entreprises, je le cite hier soir, de permettre aux salariés de télétravailler. C’est donc du volontariat. C’est une indication, pas une obligation. 

Sera-ce suffisant ? On l’espère. Pas sûr. Par ailleurs, les commerces ne sont pas fermés comme en Italie.  On note déjà qu'un certain nombre d'entreprises ferment leurs portes dès ce matin.

Après les Gilets Jaunes et les grèves, le petit commerce n’y survivrait pas. Sera-ce suffisant ? On l’espère. 

Au total, ce plan est équilibré, avec une réserve. Le pays et l’économie sont à l’aveugle parce qu’aucun scénario sur ce qui peut se passer dans les mois qui viennent (extension de l’épidémie, sa vitesse, sa durée) aucun scénario n’est avancé, alors qu'ils existent. L'Europe a publié un document jeudi qui a changé la donne dans l'esprit de ses dirigeants.

Faut-il les dire, ne pas les dire ? L'Allemagne (il y a deux jours) et le Congrès américain (cette nuit) les disent. Tout est flou, c'est vrai, mais le maximum de clarté serait préférable.

Au-delà aussi, la question va être posée, à courte terme, de l'avenir de la réforme des retraites : comment à la fois faire de la relance et repousser l'âge de la retraite ? Intellectuellement, cela n'a rien à voir, mais politiquement .... ?

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