Ce matin, vous venez nous parler d’énergie, avec une information qui va faire sensation : les Etats-Unis bientôt premier producteur mondial de pétrole.

C’est l’information la plus sensationnelle des prévisions publiées hier par l’Agence Internationale de l’Energie. Cela se produira en 2020, c’est-à-dire que ce n’est pas très loin et donc on peut donner un indice de sérieux élevé à cette prévision. Les Etats-Unis, oui, doubleraient l’Arabie saoudite autour de cette date-là comme premier producteur de pétrole. La raison en est double. 1- des économies d’énergie, notamment dans les transports, et là tout le monde applaudit. 2 – les pétroles et gaz de schiste, et là les avis sont évidemment plus partagés.

Avant d’ouvrir le débat, quelques chiffres...

Oui. Les Etats-Unis produisaient 6,9 millions de barils par jour en 2008, 8,1 millions l’an dernier et cela monterait jusqu’à 11 millions. En clair, ils se rapprochent de l’indépendance énergétique. Cela aura, cela a déjà, des conséquences économiques. Si on prend le gaz, il y est désormais deux fois et demie moins cher qu’en Europe. Mais aussi des conséquences politiques et géopolitiques puisque qu’une partie de la politique étrangère et militaire américaine visait jusqu’à maintenant à sécuriser l’approvisionnement en pétrole. On se souvient des interventions en Irak dans les années 90 et 2000. Cela veut dire aussi que c’est l’Asie qui aura le plus besoin, désormais, de sécuriser les routes maritimes.

Mais ces énergies, Dominique, le pétrole et le gaz de schistes, sont très contestées !

Vu d’Europe bien sûr. Pour le pétrole et le gaz de schiste, les Etats-Unis auraient foré 80.000 puits ! Ce qui est possible, en dehors même des questions écologiques, dans l’Etat du Nouveau Mexique, qui compte 6 habitants au km carré ne l’est évidemment pas en Europe, où les densités de population sont de cent à trois cents habitants au km carré. Et il y a la question des quantités d’eau utilisées pour la fracturation hydraulique, de l’étanchéité du forage et la pollution éventuelle de l’eau après usage.

Mais en France, certaines voix, y compris de gauche, poussent pourtant François Hollande à rouvrir le dossier.

Oui, il y a Claude Allègre – mais disons que le simple énoncé de son nom provoque généralement des boutons chez certains. Il y a aussi Louis Gallois, il en parle dans son rapport. Il y a aussi Michel Rocard. Il y a aussi le scientifique Jean-Louis Etienne. Ceux-là, et ils ont raison, disent que la décision du gouvernement de fermer purement et simplement le dossier a peu de sens s’il s’agit seulement d’avoir le soutien des Verts. On ne peut pas à la fois baisser la part du nucléaire, diminuer les émissions de CO2 et refuser toutes les recherches. Si on ne veut pas exploiter, il faudrait au moins explorer pour savoir ce qui se trouve dans le sous-sol français et chercher de nouvelles méthodes moins contestées.

L’Allemagne, elle, en tous cas, a mis le sujet en débat.

Oui. En août, Peter Altmaier, ministre de l’Environnement, a fait de l’ouverture d’un débat sur le sujet une de ses 10 priorités. Or personne ne dira que l’Allemagne est un pays de fous furieux sur l’environnement. Bon, voilà une question à poser au Président cet après-midi !

Les liens

Le blog de Dominique Seux

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.