Une semaine après la publication des paradise papers, quelles sont les réactions des milieux économiques ?

Il y a eu 3 réactions face à ces informations qui sont le résultat bienvenu de la mondialisation du travail journalistique mais qui ont pu aussi susciter un sentiment de gêne quand les médias disent la ligne de démarcation entre le bien et le mal.  

La première réaction des milieux économiques officiels n’a pas été un exercice de justification sur la seule distinction légal-illégal. Cela a été une condamnation claire de l’évasion fiscale et de l’optimisation fiscale agressive quand l’objectif d’une multinationale est de se soustraire à l’impôt dans le pays où elle exerce son activité. Dès mardi, le Medef a publié un communiqué en ce sens. C’est la reconnaissance utile qu’il existe des comportements légaux qui constituent de l’abus de droit et faussent la concurrence. C’est aux fiscs nationaux d’en juger, voire aux tribunaux, ils ont les moyens de le faire et de plus en plus -tant mieux.  

La deuxième réaction a été de dire que la responsabilité est celle des Etats et d’abord de l’Europe. C’est l’évidence. Les divergences fiscales entre les 28 sont telles que l’optimisation est devenue une industrie, comme elle l’est en France même quand la fiscalité est hyper-complexe. L’Europe est une copropriété dont certains copropriétaires ont fait du dumping fiscal leur fonds de commerce, Luxembourg, Irlande, Pays-Bas. Une Europe qui a construit un grand marché mais qui est incapable de même harmoniser ses fiscalités sur le tabac.  

La troisième réaction a été, il faut le dire, de l’incrédulité et de la stupéfaction, après les propos, ici même vendredi, du juge Renaud Van Ruymbeke, laissant entendre que l’optimisation des grandes entreprises et des fortunes (légale jusqu’à preuve du contraire) permettrait de blanchir de l’argent de la corruption ou de la drogue.   

Deux remarques pour finir ?  

Un: on a entendu que l’optimisation fiscale était consubstantielle à l’économie de marché, au libéralisme ou à la mondialisation. C’est en réalité aussi ancien que l’économie quelle qu’elle soit.  

Deux: nous Français avons un discours ambitieux sur l’harmonisation fiscale, mais cette harmonisation bizamment nous ne la voulons que par le haut, pour que tous les autres remontent leurs impôts à notre niveau. Eh bien, savez-vous? Ils n’en ont pas forcément envie.

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