Au gouvernement, c'est déminage à tous les étages. C’est frappant, il ne se passe pas un jour sans qu’Emmanuel Macron ou Edouard Philippe ne jettent quelques seaux d’eau sur des départs de feu pour éteindre des incendies réels ou supposés.

Emmanuel et Brigitte Macron
Emmanuel et Brigitte Macron © Getty / Smith Collection/Gado

Hier, la décision a été annoncée de prendre son temps sur l’extension jusqu’à minuit du travail des salariés des commerces alimentaires. La semaine dernière, le président annonçait lui-même l’abandon du projet immobilier d’Europacity : tristesse des élus du Val d’Oise qui rêvaient de 10 000 emplois, mais jubilation des écologistes. La semaine dernière toujours, Emmanuel Macron qualifiait la règle des 3% de déficit public de "règle d’un autre siècle". Il y a un mois, le premier ministre enterrait en 24 heures une hausse de cotisations sociales pour les employés à domicile des plus de 70 ans. 

Et demain ? 

Demain, un gros coup de pouce à l’hôpital va être annoncé d’ici peu. Bref, oui du déminage qui n’a qu’un objectif : déblayer le terrain avant le conflit des retraites. Conflit anticipé comme lourd et long. Il est compliqué de critiquer l’exécutif d’enclencher la touche pause après l'avoir il y a un an taxé d’arrogance et d’autisme. 

Mais du coup le pays est perdu sur le sens de l’action de son président. Stop and Go : fin 2019, c’est la nouvelle version du « En même temps ». Ce qui est certain : les caisses de l’Etat se sont ouvertes il y a 6 mois pour les "gilets jaunes" et aujourd'hui les corps intermédiaires classiques, dont les syndicats, prennent leur revanche. 

Les retraites sont donc au cœur de tout ? 

Oui. Mais le gouvernement a pour l’instant du mal avec sa communication sur le sujet : il a d’abord vendu une équité qui impliquait de l’égalité (c’était facile à comprendre), aujourd’hui affolé par les grèves il explique que la vraie équité, c’est celle qui respecte les droits acquis, en clair les avantages acquis. C’est plus compliqué. Il y a trois mois, la France s’écharpait sur un âge pivot à 64 ans tout de suite, aujourd’hui elle s’étripe sur la durée de la transition : de 10 à 45 ans. On n’y comprend rien. Déminer coûte cher, alors autant que cela ne soit pas pour rien.

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