La mairie de Paris a annoncé hier son objectif d’une disparition des voitures thermiques en 2030.

La voiture électrique, le pari de la Mairie de Paris et à termes du pays
La voiture électrique, le pari de la Mairie de Paris et à termes du pays © Getty / Yagi Studio

C’est une idée très intéressante sur le plan économique qui a une grande vertu. Tous les acteurs automobiles savent que le véhicule électrique est l’avenir - avec l’hydrogène. Pourquoi ? Le scandale du dieselgate a créé -à tort ou à raison- une suspicion générale que les constructeurs mentent et truquent les voitures qu’ils vendent, qu'ils ont trahi la confiance des consommateurs. Tandis que sur le plan scientifique, il existe désormais une certitude que les véhicules contribuent au réchauffement climatique et qu'il existe un faisceau d’indices que les particules fines sont mauvaises pour la santé (malgré les efforts sur les filtres).

On ne sait pas aujourd’hui si l’horizon 2030 d’Anne Hidalgo est réellement plus ambitieux que le 2040 de Nicolas Hulot qui concerne la France entière puisqu'à Paris, il s’agit d’une indication, pas d’une obligation. Mais la capitale donne un signal pour que les acteurs et les Franciliens s’emparent du sujet dès maintenant, et surtout que cela concerne notre génération et pas uniquement celle de nos enfants - ce serait trop facile. Dans 5-6 ans, les Parisiens (et les banlieusards) n’auraient de fait plus d’intérêts à acheter un véhicule essence parce qu’ils ne pourront plus le revendre.

Bien sûr, personne ne sait si, techniquement, les véhicules électriques seront disponibles à temps à des prix raisonnables (jusqu’à maintenant, on pariait plutôt sur 25 % d’électrique en 2030) mais cela va accélérer la recherche. Alors, attention, toutefois, à ne pas être dupe : l’origine de l’horizon 2030 d’Anne Hidalgo, c’est l’échec de son système de vignettes Crit’Air selon la pollution des véhicules : la ville est incapable de faire appliquer les restrictions qu’elle a annoncées, y compris l’interdiction du diesel en 2024 sauf à installer des caméras de contrôle partout.

Donc, quand même une bonne idée, mais plusieurs questions.

Qui sera à la mairie en 2030, avec des élections en 2020 et 2026 ? Quelle faisabilité et quels contrôles, on l’a dit ?

Mais il y aussi trois questions économiques.

  • Comment éviter que les batteries soient toutes asiatiques, comme c’est le cas aujourd’hui. Ce serait une catastrophe pour l’emploi ici et on y court tout droit.
  • Les prix baisseront-ils assez vite, qui plus est sans subvention ?
  • L’électrique n’a pas que des avantages, il pollue aussi.

Au total, l’annonce d’hier est un pas qui accélère la mise en mouvement du monde automobile et les consciences. Mais la ville de Paris a sans doute un grand pas à faire aussi en apportant, par des avantages donnés à la circulation des véhicules propres, la preuve que son ennemi est bien la pollution en particulier (ce qui est légitime) et non le trafic automobile en général qui est inévitable dans une capitale mondiale au cœur d’une région vivante

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.