Quand la droite enterre l’objectif des 3% de déficit public en 2017 : c’est ce que montre une note interne aux Républicains...

Il s’agit d’une note envoyée par le président Les Républicains de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale aux députés LR. Il s’agit de Gilles Carrez, et vous savez que cette commission est dirigée par un élu de l’opposition. Qu’écrit-il ? Qu’un creusement temporaire du déficit public après une (éventuelle) victoire de la droite en 2017 est non seulement prévisible mais justifié. Cela ne se dit généralement pas avant un scrutin mais plutôt après, une fois les électeurs rentrés chez eux.

Pourquoi le creusement est-il prévisible ?

Gilles Carrez estime que le gouvernement a annoncé tellement de dépenses nouvelles depuis le début de l’année que l’objectif officiel d’un déficit sous les 3% du PIB ne tient pas. Il l’estime autour de 4%. On n’est pas obligé de le croire, mais c’est vrai que les milliards valsent – comme souvent en fin de mandat. Comme le dit l’essayiste Jean-Louis Bourlanges, un gouvernement c’est comme pour les dépenses de santé, c’est la dernière année de vie qui coûte le plus cher !

Le coup de l’héritage est classique, mais les candidats de droite, eux, assument de creuser ce déficit.

Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon prévoient des aides immédiates aux entreprises, qui seront financées par des économies dans les dépenses publiques à moyen terme. Ils veulent créer un choc d’offre et de confiance pour l’économie. Du coup, pendant un ou deux ans, le déficit se creusera. L’information à donner ce matin, c’est que tous les grands candidats à la primaire le disent désormais, Sarkozy avec le plus d’enthousiasme, Alain Juppé en traînant les pieds.

Économiquement, c’est risqué ?

La dette augmentera, et à chaque fois avec de nouvelles excuses. Cette fois-ci, c’est le crédit quasi-gratuit –qui ne durera pourtant pas. Comme d’habitude, il faudra expliquer aux Allemands que c’est la der des der et que des réformes structurelles valent cette entorse. Comme d’habitude, Paris appellera à une meilleure coordination en Europe, mais aux conditions françaises. Mais le comble du comble est que la gauche hollandaise qui a réduit (un peu) le déficit se retrouve, sur ce sujet, débordée sur sa gauche à la fois par la gauche critique et par la droite. Comme dirait Calimero, c’est trop injuste.

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