On l’a appris hier : plus de 2.000 postes seront supprimés à Bercy l’an prochain, surtout dans les services fiscaux. Pas plus, pas moins que les années précédentes. Et pourtant, la retenue à la source a transféré la charge de la collecte de l'impôt sur le revenu aux entreprises.

Cette réduction concentrée au ministère des Comptes Publics représentera la moitié de l’effort global de l’État, 4.500 postes sur un total de 2,4 millions d’agents. On ne va pas rouvrir ce matin l’éternelle discussion sur le nombre de fonctionnaires, y-en-a-t-il trop ou pas assez, entre ceux qui pensent que l’État se paupérise et ceux qui estiment qu’il est trop gros.  

Mais il y a un autre point intéressant, et peut-être même amusant je crois : c’est, l’année du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, la mise en parallèle de ces 2.000 postes supprimés et de la charge fiscale qui passe aux entreprises. Un million et demi d’entreprises de toutes tailles vont prélever et collecter l’impôt à la place de Bercy pour un coût difficile à évaluer mais se situant quelque part entre 300 millions et un milliard d’euros. De son côté, le ministère des finances va faire évoluer le nombre de ses agents … exactement au même rythme que la moyenne des dix années précédentes : -2.000 postes en 2019.

Le numérique est partout, l’impôt sera prélevé par les entreprises, mais zéro effet, nada, rien, walou, pas de gain de productivité spécifique. Etrange, non ?  

Alors, Bercy a des arguments : la 1ère année, la mise en place va être compliquée, on a besoin de monde ; certes. On a aussi besoin de monde pour renforcer la lutte contre les fraudes et croiser les fichiers et bien communiquer avec les contribuables ce qui s’est énormément amélioré ; d’accord. L’objectif de la retenue à la source n’est pas de faire des économies, c’est d’ajuster l’impôt aux revenus la même année ; C’est vrai.

Mais quand même.

Quelle conclusion en tirer ?

Qu’il serait logique que Gérald Darmanin, qui s’est battu avec succès pour le prélèvement à la source, dise si cette réforme qui complique malgré tout la vie des entreprises va permettre des économies. En dix ans, le nombre d’agents du fisc a déjà beaucoup baissé, d’environ 20.000. Logique : le temps est loin où chacune des 35 millions de déclarations était épluchée à la main. Qu’il serait logique que Gérald Darmanin, qui s’est battu avec succès pour le prélèvement à la source, dise si cette réforme qui complique malgré tout la vie des entreprises va permettre des économies. En dix ans, le nombre d’agents du fisc a déjà beaucoup baissé, d’environ 20.000. Logique : le temps est loin où chacune des 35 millions de déclarations était épluchée à la main. Un chiffre a circulé avant l’été : à nouveau 20.000 postes en moins en quelques années. Gérald Darmanin l’avait démenti d’un tweet rageur. Mais il serait légitime que le gouvernement dise ce qu’il en est aux contribuables.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.