100 jours après son élection, Emmanuel Macron voit sa cote de popularité plonger, et il anticipe déjà une rentrée sociale difficile...

Mais les bons chiffres de l’emploi pourraient grandement l’aider…

C’est un facteur décisif. Autant François Hollande a vécu un cauchemar avec sa courbe du chômage qui ne voulait jamais s’inverser, autant Emmanuel Macron peut se féliciter des chiffres de l’emploi dont il hérite. La statistique est tombée vendredi dernier : l’économie française a créé près de 300.000 emplois sur un an, à fin juin. On n’avait pas connu un tel rythme depuis 10 ans. Et cela devrait durer, avec une croissance solide et des secteurs longtemps sinistrés, comme le BTP ou l’emploi à domicile, qui sortent la tête de l’eau. Cela va évidemment diminuer la pression sur le front du chômage, mais aussi mais aussi sur le front budgétaire.

En quoi est-ce que les créations d’emplois réduisent le déficit ?

Plus d’emplois créés, c’est moins de dépenses sociales, et c’est plus de cotisations qui rentrent dans les caisses de l’Etat et de la Sécurité sociale. Pour vous donner une meilleure idée, 200.000 emplois, cela représente environ 4 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Au vu de la dynamique actuelle, Bercy va donc pouvoir empocher de belles plus-values par rapport à ce qui était prévu dans le budget 2017. D’autres bonnes nouvelles sont constatées aussi du côté de la TVA. Tout cela devrait permettre de respecter enfin la fameuse limite des 3% de déficit cette année.

Plus besoin de mesures d’économies à la rentrée alors ?

Malheureusement si, parce que le vrai test, c’est 2018. Et la marche est beaucoup plus haute. Si le gouvernement veut baisser les impôts comme il l’a promis, il doit réduire les dépenses. Et là, un gros challenge attend Emmanuel Macron : il ne pourra plus se contenter de coups de rabot comme sur les aides au logement cet été, avec les effets que l’on sait, il va devoir faire la pédagogie de ses réformes. C’est la même chose pour le code du travail ou la réforme de l’indemnisation du chômage : ce n’est pas parce que l’emploi rebondit que les problèmes de l’économie française disparaissent. En fait, le vrai danger pour le chef de l’Etat serait de lever le pied sur ses projets. Ce serait moins de soucis à la rentrée, mais des ennuis assurés à moyen terme.

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