Pendant le confinement, on avait beaucoup parlé de la nouvelle consommation : les Français achetaient des produits alimentaires plus chers, bio, locaux, de bonne qualité. Trois mois après... où en sommes-nous ?

Le e-commerce compte un million d’adeptes en plus. Comme le dit un expert de la distribution, Philippe Goetzmann, « la digitalisation a gagné cinq ans en deux mois ».
Le e-commerce compte un million d’adeptes en plus. Comme le dit un expert de la distribution, Philippe Goetzmann, « la digitalisation a gagné cinq ans en deux mois ». © Getty

Tout ça c’est fini ou presque. Le monde d’après, c’est comme le monde d’avant : les Français veulent acheter le moins cher possible. Le signe le plus frappant de ce retour, ce sont les chiffres du baromètre Kantar-Worldpanel 2020. Les enseignes de la distribution qui ont gagné les parts de marché entre la mi-juin et la mi-juillet, ce sont d’abord Leclerc et Lidl, c’est-à-dire les champions du discount, ceux qui mettent le plus en avant les prix bas pour attirer les clients. 

Le confinement a été une parenthèse

Les magasins alimentaires étaient les seuls à être ouverts ou presque. Les consommateurs y ont donc dépensé davantage d’argent que d’habitude, d’autant plus que beaucoup d’entre eux avaient plus de temps à la maison pour cuisiner. Mais cette parenthèse est maintenant fermée et bien fermée. Les autres magasins ont rouvert. Et surtout, les Français redoutent d’être frappés par la montée du chômage. Pas question de laisser filer l’argent. Du coup, la bataille des distributeurs sur les prix a repris et elle devrait encore s’intensifier à l’automne. En un an, les tarifs dans les enseignes de grande consommation ont baissé de 0,3%.

Mais de là à dire que rien n'a changé, pas tout à fait

D’abord, il reste un petit flux supplémentaire d’achats bio et locaux. Ensuite, les clients restent plus nombreux qu’avant l’épidémie à acheter via Internet. Le e-commerce compte un million d’adeptes en plus. Comme le dit un expert de la distribution, Philippe Goetzmann, « la digitalisation a gagné cinq ans en deux mois ». Dans le commerce comme pour le télétravail, les médias ou l’industrie du cinéma, le confinement a en fait été un formidable accélérateur du numérique.
 

Le monde d'après est un monde plus numérique

Un monde plus numérique qui nous rappelle que les grands de ce monde sont des firmes américaines. Le monde des achats plus bio, plus locaux, plus français, et donc plus chers, ça sera peut-être le monde d’après-demain. Mais pour y arriver, il faudra plus de pouvoir d’achat, et on ne voit pas bien comment y arriver pour l’instant. Ou alors moins de consommation, mais pas sûr que les Français soient d’accord.

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