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Quand il s’agit de compter les manifestants, c’est la police qui a raison !

Ce n’est pas moi qui le dis, mais une commission officielle, présidée par une personnalité crédible et indépendante. Il y a un an, le préfet de police de Paris s’était énervé des écarts incroyables entre les chiffres de la police et des syndicats quand il y a des manifestations à Paris. Il avait chargé une ex-membre du conseil constitutionnel, Dominique Schnapper, un expert de l’Insee et un juriste de Paris I de tirer cela au clair. Ce travail sera rendu public mercredi mais la journaliste des Echos Leïla de Comarmond s’en est procuré les conclusions.

Et donc, les experts valident plutôt le travail de la police

Ils ont rencontré toutes les parties et estiment que la police fait plutôt un boulot sérieux, qu’elle sait compter, avec ses compteurs à main le jour même des manifs, puis une vérification par bande vidéo le lendemain. Et contrairement à une légende, elle compte bien ceux qui marchent sur les trottoirs. Pour les syndicats, c’est une claque : jeudi dernier par exemple, la CGT a annoncé 120.000 personnes à Paris contre l’austérité, la police 32.000. Il faut dire que depuis dix ans, il y a eu une dérive phénoménale. Les syndicats ont constaté que les médias coupent la poire en deux entre les chiffres de la police et les leurs. Ils ont du coup remonté les leurs pour que la moitié soit plus élevée ! Je me souviens d’un reportage extraordinaire à Marseille : une caméra avait filmé un syndicaliste comptant les gens qui passaient devant lui ; sur l’écran, on voyait passer une puis deux personnes et on entendait : « 10, 20 » !

Bon, est-ce que c’est une surprise, ce résultat ?

Pas vraiment. Au moment des manifs contre la réforme des retraites, en 2010, Mediapart ou bien France Inter mais aussi d’autres médias avaient fait appel à des spécialistes privés -espagnols en l’occurrence- qui avaient déjà validé les chiffres policiers - les jugeant même plutôt généreux !

Mais au fond, qu’est-ce que cela change ?

Il y aura toujours des polémiques. Mais cela va remettre du sérieux dans tout cela. La mauvaise idée, ce serait de se renvoyer la balle ou de se moquer des syndicats -ou de la Manif pour tous qui aurait elle aussi gonflé ses chiffres. Le passé, c’est le passé. La bonne idée, c’est d’appliquer les recommandations de la commission Schnapper : faire contrôler les estimations de la police. Elle, elle pense à des journalistes. Disons plutôt des sociétés spécialisées. Autre idée : que la police donne une fourchette. Mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel, c’est de se dire que quand le 19 octobre 2010, la police compte 1,1 million de personnes dans la rue en France contre la réforme des retraites et, en janvier 2013, 340.000 contre le mariage pour tous à Paris, c’est déjà énorme. Pas la peine de mesurer le climat social avec des degrés Farhenheit, les Celsius suffisent !

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