François Hollande, dans un entretien au Point, estime avoir redressé l’économie française.

Il défend son bilan pour les cinq années qui se finissent et il en veut pour preuve le fait (je le cite) que les candidats ne font pas le tour des sites sinistrés ou des catastrophes industrielles. C’est normal, explique-t-il, il n’y en a presque plus. Oublions les cas Whirlpool et Vivarte, mais est-ce exact ? François Hollande rend-il l’économie française en meilleure état qu’il ne l’a prise ? Réponse : c’est vrai. Les indicateurs sont passés du rouge au vert en fin de quinquennat. Mais il faut immédiatement préciser : un vert très pâle. La croissance : zéro ou presque en 2012, 2013 et 2014, autour de 1 % depuis. Le climat des affaires et le moral des ménages sont meilleurs, le taux de marge et l’investissement des entreprises se redressent, le chômage ne monte plus et la construction repart. C’est bien mais il n’y a pas de quoi sauter sur la table du studio, surtout si on sait que les vents ont porté dans le bon sens (pétrole, taux d’intérêt etc.). Oui, le soutien à la compétitivité a commencé à porter ses fruits, mais la France est en vingt-quatrième position sur vingt-huit en Europe pour le taux de chômage, à égalité avec le Portugal. Elle est aussi un de ceux dont le déficit public a le moins diminué ces dernières années. Quand le vert du bilan est si pâle, il est presque transparent.

Le président qui sera à l’Elysée dans trois semaines et trois jours bénéficiera-t-il d’une embellie ?

Disons : un mieux. La zone euro va mieux, mais on sait que des accidents sont possibles, c’est même ce qui caractérise une économie très interdépendante et multipolaire depuis 15 ans : des chocs la secouent à intervalles réguliers. Cela dit, le vainqueur ne sera pas dans la situation de Hollande en 2012, qui était arrivé au moment d’une crise de la dette en zone euro. Mais ce ne sera pas non plus l’embellie mondiale exceptionnelle qui avait coïncidé avec l’installation à Matignon de Lionel Jospin en 1997 -on vivait avec plus de 3% de croissance. On en est loin. Les planètes sont mieux alignées, mais ce sont des astres bien pâles parce que leur énergie est bien faible. L’enjeu de l’élection est de les ranimer et c’est possible par des voies raisonnables sans tout casser. Chacun mettra les têtes et les noms qu’il veut derrière ces mots.

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