Le calendrier de sortie du confinement est plus clair : les entreprises peuvent rouvrir maintenant, le petit commerce a rendez-vous le 11 mai. Emmanuel Macron n'a fixé aucune limite financière au soutien de l'Etat : il y avait le virus de la dette, il y aura la dette du virus.

Emmanuel Macron, président de la République, durant sa troisième allocution le lundi 13 avril
Emmanuel Macron, président de la République, durant sa troisième allocution le lundi 13 avril © AFP / Maud Dupuy / Hans Lucas / Hans Lucas

C’est une intervention qui a donné une place limitée à l’économie, l’aspect sanitaire étant premier, avec ce pari du 11 mai sur lequel seuls les experts ont un avis qualifié. 

C’est une intervention réussie, plus concrète que la précédente, moins churchillienne, bref plus efficace que le tellement français et grandiloquent "plus rien ne sera comme avant". On peut en retenir trois mots : visibilité, solvabilité et habileté. 

Un : les acteurs économiques ont une meilleure visibilité sur le calendrier

Comme aujourd’hui, les activités indispensables à la Nation doivent continuer (agroalimentaire par exemple), mais les entreprises qui trouvent les bonnes pratiques de protections peuvent et doivent redémarrer (le BTP, l’industrie) maintenant. A partir du 11 mai, selon nos informations, une partie du commerce non-alimentaire et certains commerces de centre-ville pourront rouvrir. Les grands centres commerciaux, c’est à voir. 

En dernier, après, ce sera au tour des hôtels-cafés-restaurants : au plus tôt en juin dans certains départements où il y a eu peu de malades (Cantal, Lozère...), en juillet ailleurs. Pas de déconfinement par âge, mais les plus fragiles sont invités à rester chez eux plus longtemps. 

Deuxième mot : la solvabilité

Emmanuel Macron est prêt à ouvrir le tiroir-caisse de l’Etat autant que nécessaire, il n’y a apparemment aucune limite financière. C’est logique, mais rappelons que chaque journée de chômage partiel coûte près d’un milliard au contribuable. La France a toujours eu le virus de la dette, on aura l’énorme dette du virus.  Le déficit public passe à 9% du PIB, a annoncé ce matin Bruno Le Maire.

Enfin, troisième mot : l’habilité

Le président a évoqué le besoin de retrouver des souverainetés industrielles, le besoin aussi de mieux payer les soignants, les caissières, les ambulanciers, les transporteurs, tous ceux appelés un jour les derniers de cordée ("Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune", dixit Déclaration de 1789), mais sans dire clairement comment faire – et de fait, ce n’est pas simple. 

Si on prenait un pari, on dirait qu’après le Covid il y aura une forte régulation sanitaire comme il y a eu une vraie régulation bancaire et financière après 2008. Pour le reste, tout est à écrire.

Au total, un exercice de clarification ?

Oui, avec une flexibilité sur ces calendriers, qui s’ajusteront en continu. Il reste quand même une zone d’incertitude. Le flou est regrettable sur les volumes des équipements de protection qui seront disponibles : masques, gants, tests et thermomètres-laser. Les Français, si on peut dire, sont vaccinés et se méfient : le président aurait dû être plus précis.

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