**Et cette question ce matin dans votre édito, autour de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy aujourd’hui sur ce fameux grand emprunt : peut-on s’attendre à des surprises ?Le secret a été bien gardé, les conseillers de l’Elysée avaient pour consigne hier de ne rien dire du tout. Des surprises sont toujours possibles, mais ce qui est sûr c’est qu’avec cette conférence de presse, la deuxième à l’Elysée depuis 2007 même si il y en a eu des dizaines à l’étranger, avec cette conférence de presse, Nicolas Sarkozy veut revenir sur le terrain économique. Au fond, sur ce qui intéresse le plus les Français. Ce matin, un sondage BVA montre d’ailleurs une attente sur les questions économiques et sociales beaucoup plus que sur la sécurité. 59% des Français considèrent que l’emploi est la priorité numéro un, c’est 13 points de plus qu’il y a un an et 25 points de plus qu’il y a dix-huit mois. Chacun voit bien que la crise n’est pas terminée, que le chômage va encore augmenter. On apprend par exemple qu’Arcelor-Mittal va supprimer 10.000 postes dans le monde en 2010, ce qui fera pas loin de 50.000 en deux ans. Et le grand emprunt est une réponse à cette préoccupation ?Indirectement. L’idée, c’est d’améliorer la compétitivité, donc de préparer les emplois de demain. Cet emprunt, on en a beaucoup parlé depuis l’annonce faite en juin à Versailles. Heureusement qu’il n’a pas été lancé à ce moment là parce que je suis certain qu’un emprunt de 100 milliards d’euros serait passé comme une lettre à la poste. Depuis, on est revenu à des chiffres plus raisonnables, même si beaucoup de monde considère que c’est encore trop compte tenu de l’état des finances publiques. La commission Rocard Juppé a proposé 35 milliards d’euros, ce montant devrait être retenu. Quels détails concrets attend-on ?Sur le montant, on l’a dit. Ensuite, les priorités. Alain Juppé et Michel Rocard ont mis en tête l’université et la recherche pour 16 milliards d’euros. L’industrie a bataillé jusqu’au bout pour avoir un peu plus d’argent que prévu. Pour le numérique, pour la voiture électrique. Jean-Louis Borloo a essayé de rajouter des lignes de TGV. Mais au-delà, il y a trois questions clés. La première, c’est le rapport entre argent privé et argent public. Christine Lagarde le dit bien : à chaque fois que le secteur privé mettra un euro, l’Etat mettra au pot. Renault – c’est un exemple - prendra un risque calculé, et alors l’Etat l’aidera, on évitera les éléphants blancs. La deuxième question est celle de la gouvernance. Qui va gérer cet argent ? La commission avait proposé des tas d’agences, l’Elysée n’en veut pas, c’est l’Etat qui débloquera l’argent. C’est sur ce point qu’il y a eu le plus de bagarres. Et la troisième ?C’est l’articulation entre l’emprunt et l’état épouvantable des finances publiques. Nicolas Sarkozy va faire un exercice de haute voltige, convaincre que l’emprunt d’aujourd’hui ne sera pas l’impôt de demain. Il prendra des engagements. Mais c’est vrai que la tornade grecque a changé un peu le paysage. La dette grecque, 300 milliards d’euros aujourd’hui, inquiète. Eh bien, la dette française aura augmenté de ce montant entre la fin 2008 et la fin 2010. Pas facile le retour à l’économie !**

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