Le gouvernement réfléchit à un nouveau dispositif pour attirer les hauts salaires étrangers.

Oui, il travaille à des nouvelles mesures qui seront présentées en janvier par Edouard Philippe, le Premier ministre. L’objectif est de continuer à dérouler un tapis rouge aux investisseurs, aux financiers, qui voudraient quitter la City, au Royaume-Uni, pour cause de Brexit. Et on le sait, la concurrence est rude pour les attirer, principalement avec Francfort. 

A l’heure actuelle, Paris a engrangé environ 2.000 transferts annoncés par les banques internationales ou tout simplement la BNP et Société Générale qui vont rapatrier des équipes. Mais il y a un problème. Le problème est que l’écart de coût pour un employeur entre Paris et Francfort est élevé. Pour un salaire de 250.000 euros (oui, je sais c’est un cas un peu particulier), l’employeur français verse 150.000 euros de cotisations en tous genres, contre 15.000 en Allemagne – parce que les contributions y sont plafonnées. Certes, cet écart doit être relativisé parce que Outre-Rhin, il faut sortir de l’argent de son portefeuille privé pour l’assurance-maladie et la retraite. Mais bon, il reste un gros écart. 

Du coup, un nouvel allègement fiscal ou social spécial va être mis en place, qui musclera un dispositif déjà existant, celui dit des impatriés. A l’heure actuelle, 4.000 étrangers rentrent chaque année dans ce système, dont ils bénéficient pendant quelques années avant de repartir. Les salariés de la finance représenteraient 10% de cette population, à côté de cadres d’entreprise et de grands sportifs.

Est-ce légitime ou un scandale ?

Excellente question ! A certains, cela apparaît comme une grave inégalité devant l’impôt, une niche incompréhensible en faveur de personnes qui ont déjà tout. Intellectuellement, politiquement, on peut fustiger la concurrence, une spirale fiscale moins-disante entre Etats. Et c’est vrai : s’il y avait harmonisation européenne, ce serait différent. 

Mais voilà, il n’y en a pas. Et donc, on est bien obligé de de faire un salto arrière intellectuel, en reconnaissant que ces avantages dont on parle ne coûtent rien puisque, s’ils n’existaient pas, les étrangers en question ne seraient pas là non plus. Il n’y aurait pas de base taxable (pour faire techno). Ces banquiers ne viendraient pas, et Neymar ne serait peut-être pas là non plus – ce qui Léa vous attristerait j’en suis sûr.

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