Vous revenez sur les prévisions économiques présentées hier par la Commission européenne…

Oui parce qu’elles tranchent avec la morosité ambiante. Indiscutablement, « ça va mieux » pour les pays de la zone euro. Ça va mieux, comme l’avait dit aventureusement François Hollande concernant la France dès 2015. Sauf que là, cela paraît plus solide. Que nous révèlent les chiffres de la Commission ? D’abord que la reprise européenne se confirme sur la durée et qu’elle devrait s’accélérer à près de 2% en 2018. Deuxième fait saillant : les écarts se réduisent enfin entre les pays : tous voient désormais leur économie progresser, même si l’Italie, voire la France, sont à la traîne. Enfin, le chômage reflue lentement mais sûrement. Il avait atteint le taux record de 12% en 2013, il devrait revenir à 9% l’an prochain. Même la dette pèse moins lourd, grâce à des déficits qui reviennent dans les clous. Bref en dépit du Brexit, du pétrole qui remonte et des oukazes de Trump, l’économie européenne fait mieux que résister.

Comment expliquer alors le ressentiment populaire contre l’Union européenne ?

Il y a deux niveaux de réponse. Sur le plan économique, c’est comme pour le « ça va mieux » de François Hollande. Les résultats arrivent trop tard et ils sont encore trop faibles. Un exemple : l’investissement a repris 8% en zone euro depuis 2013. Mais il avait chuté de 18% auparavant. Quant aux déséquilibres, ils restent criants entre les excédents de l’Allemagne et des Pays-Bas, et les déficits au Sud de l’Europe, où le chômage demeure considérable. L’autre niveau de réponse est politique : l’incapacité des Européens à régler la question de la dette grecque a de quoi inquiéter, alors que se profilent des discussions serrées sur le Brexit…

L’affaire du « ça va mieux » s’est du reste mal terminée pour François Hollande…

Oui et c’est le risque pour tous les gouvernements en place en Europe, on l’a vu encore avec la défaite de Matteo Renzi en Italie l’an dernier. Voilà pourquoi les Etats membres devraient s’accorder conjointement à donner un coup d’accélérateur pour la croissance. Une fenêtre politique va s’ouvrir après les élections en France et en Allemagne, estime ce matin le commissaire européen Pierre Moscovici. Espérons que cela ne sera pas trop tard.

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