Ce matin : les réformes Macron, plus vite, toujours plus vite.

La lecture des débats lancés et des annonces gouvernementales ces jours-ci donne la migraine, avec la réforme du Bac et le service national aujourd’hui, celle de l’hôpital hier et la refonte de l’apprentissage vendredi dernier. 

Depuis janvier, il y a eu des annonces sur la fonction publique, Notre-Dame des Landes, le 80 km/h, le texte sur l’agriculture et l’alimentation, sans oublier un accord notable et coûteux avec les opérateurs téléphoniques pour la fin des zones blanches. Et juste devant nous : les textes immigration, logement, formation professionnelle et sur les Institutions. 

Au fond, en 2017, on avait cru que cela allait vite avec les ordonnances travail, les réformes fiscales, l’état d’urgence banalisé et l’accès à l’université. En fait, on n’avait rien vu. 

Alors, pourquoi cette accélération au risque de l’indigestion et que rien ne marque ? 

- La réponse officielle est que le pouvoir fait ce qu’il a dit. C’est vrai. Mais c’est davantage. 

- Outre que l’état de grâce dure rarement (et les mouvements dans les prisons et les Ehpad ont montré des fissures), Emmanuel Macron veut lancer ses réformes, et la plupart sont à mèche lente, assez tôt pour en voir les effets. Chirac en a peu lancé, la crise a fait oublier celles de Sarkozy et Hollande a lancé les siennes -en faveur des entreprises- trop tard pour en bénéficier. 

- Dernier élément : la conjoncture économique est bonne, mais cela durera-t-il ? 

Bref, cocher toutes les cases ASAP, as soon as possible, aussi vite que possible comme on dit en entreprise, voilà l’objectif qui donne l’impression fausse que le quinquennat sera fini en deux ans.

Reste à attendre des … résultats.

Oui, c’est le sens du mot prêté à Michel Rocard s’adressant à ses ministres à la fin des années 80 : j’aimerais que les effets d’annonces soient quelquefois suivis d’effets. 

Macron va vite, très vite, il parie sur le mouvement, mais son succès dépendra au moins autant de l’énergie qu’il mettra à suivre l’exécution de ses réformes, leur mise en œuvre pratique, qu’à les annoncer et les lancer. Le taux de chômage et le pouvoir d’achat seront bien sûr les deux indicateurs les plus déterminants pour vérifier la formule de Michel Rocard. 

"L’intendance suivra" a toujours été une formule étrange, sans elle il n’y a rien.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.