Emmanuel Macron a lancé un long plaidoyer, mercredi soir, en faveur de la voiture électrique. Il a annoncé un plan pour un programme franco-allemand. Comment on a aussi appris que l'Elysée n'était pas au courant de la mort de l'A380.

Emmanuel Macron dans une voiture autonome
Emmanuel Macron dans une voiture autonome © Maxppp / IP3 PRESS/MAXPPP

Emmanuel Macron s’est exprimé hier soir, à Paris, lors d’un dîner de 500 personnes organisé pour le centenaire de l’Association mondiale des constructeurs automobiles. Placé à côté de Carlos Tavarès (groupe PSA) et de Thierry Bolloré, le dirigeant opérationnel de Renault, le président a fixé l’objectif d’un million de voitures électriques et hybrides rechargeables d’ici trois ans, soit cinq fois plus qu’aujourd’hui. Un million, l’assistance, hier soir, avait des doutes, mais il faut savoir que le parc automobile, en France, ce sont 39 millions de voitures. 

La principale annonce : un soutien public de 700 millions d’euros pour produire des batteries française et européenne. Aujourd’hui, elles sont à 100 % chinoise ou coréenne, c’est quand même un problème, d’autant plus qu’aucune batterie étrangère, à l'inverse, n’est admise en Chine -ce qui est fou. 

Les Allemands mettant un milliard sur la table, l’idée c’est un Airbus de la batterie lithium-ion, avec une grande usine en France et une autre en Allemagne. 

Est-ce possible ? Ce sera difficile, et il faudra que tous les acteurs travaillent ensemble. Saft, filiale de Total, Siemens et le belge Solvay sont déjà alliés, mais BMW a monté un autre attelage et les chinois de CATL sont très en avance. 

L’enjeu est énorme : la batterie représente la moitié de la valeur ajoutée d’une voiture électrique. 

Le deuxième défi est de convaincre les consommateurs : E. Macron a annoncé que la prime de 6.000 euros sera pérennisée. Dans l’esprit de Renault et PSA, l’année du décollage sera 2020.  

Autres annonces, sur la voiture autonome.  L’idée est faciliter les tests sur les routes. Au-delà, dès 2021, l’ambition est de créer un service de robo-taxi, avec des voies dédiées et des places de parking dédiées. Les constructeurs ont déjà dépensé des milliards d’euros et un des points de passage obligé est de partager les données entre constructeurs. Là encore,  Macron a appelé à se serrer les coudes contre les Américains et les Chinois. 

On saura vite si c’est réaliste ou un voeu pieux à remiser au garage. Voiture moins polluante et autonomie : c’est en tous cas la révolution la plus considérable de l’industrie automobile depuis un siècle

Mais rappelons tout de même que ce sont les industriels, pas les politiques, qui ont la main sur l'économie. La preuve : hier soir, l'Elysée ne savait pas qu'Airbus allait annoncer ce matin à 6 h 30 la fin de l'A380.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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