On sait que le débat tourne depuis le 31 décembre autour de la question essentielle, vitale – c’est dit, vous l’avez compris, avec le sourire - de savoir si François Hollande opère un tournant économique. Un tournant vers une politique de l’offre, sociale-libérale, sociale-démocrate, pro-entreprises. Eh bien en réalité, quand on regarde les deux conférences de presse précédentes, on mesure combien cet exercice est ridicule. Ce ne sont pas les mots qui comptent, ce sont les actes. Car les mots, le chef de l’Etat les a déjà utilisés et la direction, elle est là, même si elle a été assumée peu à peu ; la traduction des mots en actes, c’est là que c’est plus difficile et c’est ce qu’on attend sûrement cet après-midi.La première conférence de presse a eu lieu le 13 novembre 2012.Souvenez-vous, nous sommes une semaine après la présentation par Jean-Marc Ayrault du pacte de compétitivité pour l’industrie – déjà un pacte – né du rapport Gallois. Vingt milliards d’euros de baisse des cotisations des entreprises. Le vrai virage, il date de ce moment-là. Et François Hollande, écoutez-le, le reconnaît dans une formule peut-être alambiquée mais finalement claire. BOB : « Ce pacte est un exercice de vérité sur le coût du travail, qui n’est pas tout mais qui est tout sauf rien ». C’est encore alambiqué quand le président explique que « l’offre sera consolidée en 2013 sans que la demande soit affectée ». Mais il ne s’arrête pas là. La semaine dernière, il soulignait que l’Etat est « trop lourd, trop lent ». A l’automne 2012, il le disait déjà. BOB : « est-ce qu’on vit mieux avec 57% du PIB de dépenses publiques qu’avec 52% ? Non ». Et il ajoutait, c’est la réforme de l’Etat, de la protection sociale, de notre organisation territoriale qu’il faudra engager. Pour être honnête, sur ce point, rien ou presque n’a été fait mais les mots étaient déjà là. Maintenant, la deuxième conférence de presse, le 16 mai 2013.Ce jour-là, sur le terrain économique, rien ou presque n’est annoncé. Le mot que l’on retient, parce que le président l’utilise, c’est « je suis à l’offensive ». Le contenu est plus vague. Mais ce que l’on relève à l’époque, c’est que le mot pouvoir d’achat n’est pas prononcé une seule fois dans le discours de 50 minutes. Ce qu’on relève aussi, c’est ce qui est dit sur les impôts. BOB : « L’idéal serait de ne pas augmenter un seul taux de prélèvement sur les ménages en 2014 ». Aie aie aie. La TVA a été relevé le 1er janvier, çà c’était prévu, mais il y a eu aussi 4 milliards de prélèvements en plus par exemple, le durcissement du quotient familial. L’idéal est resté un idéal ! Quant à elle, l’initiative pour l’Europe - le cœur de la conférence de mai avec un beau drapeau européen en arrière-plan - est restée à l’état de projet. Qu’en conclure pour aujourd’hui ?Qu’il faudra moins surveiller le ton que le fond. Mais ce n’est pas gagné !

► ► ► REVOIR| Les deux premières conférences de presse du présidentNovembre 2012

Mai 2013

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