En 2015, la hausse des prix a été égale à zéro virgule zéro en France, pour la première fois depuis … 1954 ! Est-ce une surprise ?

Oui. On se doutait, avec la baisse des prix de l’énergie, qu’on serait autour de cela. Mais même au moment de la récession de 2009, il y avait eu un peu d’inflation. C’est en fait qu’au-delà du pétrole, qui nous a redonné à chacun 225 euros, beaucoup de prix ont été modérés. Alors, cette inflation zéro, c’est une bonne chose pour le pouvoir d’achat mais il est possible que cela ne corresponde pas au ressenti des Français. D’abord parce qu’un indice global est une moyenne. Il cache des hausses : +9% pour les services postaux, 7% pour les parkings et les légumes frais. A l’inverse, le fioul a baissé de 17%, les carburants de 10% et les vestes pour hommes (allez savoir pourquoi) de 9%. Notre ressenti dépend de nos façons de consommer.

Mais une autre raison explique pourquoi on peut avoir une impression trompeuse sur les prix.

Une raison liée au thermomètre. Les loyers et la facture d’eau ont grimpé de 1%. Or l’Insee considère que le logement pèse pour 8% seulement du coût de la vie. Au moins dans les grandes villes, c’est évidemment beaucoup plus et donc le ressenti est moins agréable. Et voilà comment les statistiques doivent être décortiquées.

Cette inflation zéro est malgré tout étonnante...

La dégringolade des prix du pétrole est le facteur numéro un. Mais ce qui intrigue les économistes est que cette absence d’inflation existe y compris dans les pays en plein emploi comme les Etats-Unis et l’Allemagne. La concurrence dans la mondialisation, les ralentissements de la productivité peuvent expliquer cela, mais la crainte est toujours d’une spirale déflationniste. En attendant, le monde se drogue à des taux d’intérêt bas et continue de s’endetter follement.

Cette année, la pente sera la même ?

En moyenne le pétrole était à 53 dollars l’an dernier ; hier soir, il a fini à Wall Street à 30 dollars et demi : Vous avez la réponse. Mais nous ne sommes qu’en janvier.

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