Vous revenez sur la victoire de l’Allemagne au Mondial. Une victoire selon vous très prévisible !

On va parler statistiques. Essayons de voir dans quelle mesure cette discipline très utilisée en économie s’applique au football. Quand je dis que la victoire de l’Allemagne était prévisible, je ne le dis pas – même s’il s’agit d’un édito économique - parce que ce pays est une puissance économique et qu’il a donc des moyens financiers d’un entraînement de haute qualité et du recrutement d’excellents joueurs. Le lien économie-résultats existe mais n’est pas automatique. Sinon, le Costa Rica ne serait pas arrivé en quart de finale et l’Espagne n’aurait pas non plus gagné en 2010 - en pleine crise de l’euro. Et on sait que la situation de l’Argentine, finaliste hier, n’est pas brillante. Non, je parle de l’analyse statistique des résultats passés, qui éclaire l’avenir de façon troublante.

Car le résultat d’hier a été -presque- prévu par une ... banque d’affaires !

Goldman Sachs, la célèbre banque d’affaires américaine, a publié début mai ses prévisions pour tout le Mondial et elle ne s’est pas trompée tant que cela ! Amusant de les relire maintenant ! Elle avait rentré dans ses ordinateurs 14.000 données, les performances passées de chaque pays, leurs caractéristiques et des moyennes tirées de tous les matchs internationaux non-amicaux joués depuis 1960. Résultat : sur les quatre demi-finalistes, Goldman Sachs a vu juste pour trois sur quatre : Brésil, Allemagne et Argentine. Ce n’est pas mal. Sauf que selon ses calculs, hier soir, c’était le Brésil qui aurait dû gagner contre l’Argentine. Pourquoi ? Parce que le Brésil aurait dû battre l’Allemagne en demi. Là, donc erreur ! Mais ce que les statistiques ne pouvaient pas prévoir, c’est que Neymar ne jouerait pas. Au total, quand même, l’analyse du passé éclaire l’avenir parce que le préeent et l'avenir répètent en partie le passé. Au passage, (snif), Goldman Sachs ne donnait 0,8% de chances à la France de remporter le trophée. Explication de la banque fin mai : en football, nous connaissons décidément trop de hauts et de bas – pas fiables.

Sérieusement, peut-on faire vraiment confiance aux statistiques ?

En partie seulement. Les statistiques ne disaient rien sur la possibilité d’un 7-1 en demi-finale. Difficile aussi de prévoir l’avantage de l’équipe qui joue à domicile, Home sweet home. Manifestement, Goldman Sachs avait surestimé cette fois-ci ce facteur pur le Brésil. Bon, alors, en économie, qu’en est-il ? On peut croire aux forces de la continuité. Cela fait un siècle que l’Allemagne est une énorme puissance industrielle. Mais il faut croire aussi aux ruptures, aux surprises. La Chine sera peut-être vite la première puissance économique. Mais sans doute pas : il y aura des crises, des accidents. La Grande-Bretagne devait s’écrouler dans les années 70 et 80, elle s’est relevée. L’Allemagne était l’homme malade de l’Europe il y a dix ans, elle en est le champion aujourd’hui. La volonté politique, le surgissement d’un leader comme celui d’un joueur ou d’un entraîneur exceptionnels peuvent changer la donne. Pour la France, les dix dernières années conduisent au pessimiste. Mais en fait rien n’est joué. Ce qui est prévu n'est pas certain.

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