L’édito éco de Dominique Seux. Ce matin, vous nous parlez d’autre chose que de la Grèce … un sujet d’été, plus léger certainement : le succès du télépéage sur les autoroutes ! Mais oui, parce qu’il se passe un petit événement anecdotique peut-être, mais intéressant, sur nos autoroutes. Intéressant, y compris -vous allez voir- sur le plan économique. Il y a peu de temps, le paiement par télépéage a dépassé le paiement par carte bancaire ; eh bien cet été, on se rapproche un peu plus d’un trajet sur deux réglé par cette façon. Cela dit quelque chose de la diffusion des innovations, des résistances d’un certain nombre de Français à cette innovation et de la façon dont les entreprises essaient toujours de nous vendre davantage de services.Concrètement, le télépéage cela concerne combien d’entre nous ?On rappelle ce que c’est. C’est la possibilité de payer son trajet sans sortir une carte bancaire, souvent sans s’arrêter, en roulant à 30 kms heure ; à chaque barrière ou presque il y a une ou deux files réservées ; donc cela va plus vite. Aujourd’hui, 43% des trajets sont réglés par télépéage, et cela monte régulièrement. Cela peut étonner parce on voit beaucoup de voitures arrêtées dans les files classiques les jours de grands départs. C’est pour cela que ce chiffre doit être précisé.

C’est-à-dire ? Ce sont surtout les conducteurs (conductrices) qui utilisent beaucoup l’autoroute qui sont abonnés, pour les trajets domicile travail ou réguliers. En réalité, cinq millions et demi d’automobilistes sur trente millions sont abonnés le télépéage. Un peu plus de un sur cinq – c’est beaucoup et en même temps, on se demande pourquoi tout le monde n’y est pas passé puisque c’est plus simple et rapide. On est hors sujet économique, mais je vous le dis : une file classique, c’est 100 voitures à l’heure, le télépéage, c’est 800.

Bon, et alors le lien avec l’économie ? Première question : pourquoi tous les automobilistes ne s’abonnent pas à ce service qui se diffuse moins vite que d’autres innovations ? Réponse basique : parce que beaucoup de Français n’y pensent que quand ils sont bloqués avant le péage. Peut-être. Réponse plus sophistiquée : parce que ce service est payant et qu’on peut se demander pourquoi il faut s’abonner pour payer plus vite au péage, qui est considéré déjà (à tort ou à raison) comme cher. Au fond, cela paraît aussi bizarre que quand les banques font payer leurs services Internet, qui leur font faire des économies.

D’où une seconde question ... Pourquoi les autoroutes n’offrent pas gratuitement le télépéage ? Ce n’est pas parce le système coûte cher. Les barrières classiques coûtent cher aussi. C’est parce que toute entreprise adore offrir plusieurs niveaux de service, une première classe et une seconde classe. Passer vite ou lentement. Mais maintenant que le nombre de clients s’étend, le prix de l’abonnement s’approche de zéro et il faut trouver autre chose. Du coup, les sociétés développent en ce moment d’autres services premium qui comprennent du dépannage, des avantages divers. Vous le voyez, même derrière quelque chose d’aussi simple qu’une barrière de péage, il y a des stratégies marketing et économique à décoder.Aujourd'hui, Dominique Seux nous parle du succès français des télépéages

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