Emmanuel Macron fait aussi, avec Donald Trump à Paris, de la diplomatie économique.

La visite du président américain à Paris a principalement, bien sûr, des raisons diplomatiques et politiques -dont Antony Bellanger parlera fort bien dans une demi-heure- mais elle peut avoir aussi des conséquences économiques. Les images de Donald Trump à Paris, et notamment à la Tour Eiffel, vont servir (à condition que tout se passe bien naturellement), vont servir à « vendre » la France. Ce qui est bénéfique pour la réputation de notre pays et pour ses recettes touristiques. Les télévisions du monde entier vont en effet diffuser quelques secondes, quelques minutes ou davantage de cette visite dans la capitale, peut-être du défilé militaire sans que cela coûte un euro en publicité. C’est -dit-on- le président lui-même qui a eu cette idée de la Tour Eiffel et c’est vrai que s’il y a eu un monument qui symbolise Paris, c’est bien elle. Le choix de Versailles pour recevoir Vladimir Poutine peut avoir le même effet sur les touristes. On connaissait la diplomatie économique hors de nos frontières, pour aller vendre des Rafale ou des Airbus en Chine ou au Pérou, Macron peaufine la diplomatie économique intérieure : vendre la France aux étrangers de l’intérieur ! La candidature de la France au JO en 2024 (qui n’est, celle-là, pas gratuite) va dans le même sens. Tout cela n’est pas choquant : faire « en même temps » de la politique et de l’économie si les objectifs, précisons-le, ne sont pas contradictoires et antagonistes.

La France retrouve de l’attractivité.

Les attentats dramatiques de 2015 et 2016 ont, et cela est normal et c’est secondaire, réduit le nombre de touristes en France. Mais ces derniers mois, tous les indicateurs repartent dans le bon sens. Le trafic des aéroports parisiens a grimpé de plus de 5% au premier semestre par rapport à 2016. Le nombre de passagers débarquant du continent nord-américain a, notamment, augmenté de plus de 10%. En 2016, la France a accueilli précisément 4,2 millions de touristes américains qui y ont passé 34 millions de nuits. Le passage de Donald Trump pourrait, si rien de nouveau ne se produit, gonfler ce nombre, ce qui est bénéfique pour le secteur de l’hôtellerie-restauration et les magasins. Cette semaine, Jean-Yves Le Drian, le ministre des affaires étrangères mais aussi du tourisme, a indiqué que la France pourrait voir passer cette année plus de 88 millions de touristes étrangers sur son sol, cinq de plus qu’en 2016. Certes, cet indicateur additionne des choux et des carottes puisqu’il cumule les Britanniques qui vont en Espagne et les Chinois qui passent une semaine sur notre sol, mais c’est mieux. Au total, ce dîner au Jules Verne à la Tour Eiffel n’avait rien de neutre.

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