Ce matin : les créations d’emplois confirment leur redémarrage en France.

Oui, l’Insee a publié des chiffres tonitruants – on utilise ce mot à dessein. L’économie a créé 90.000 emplois salariés au 1er trimestre et pas loin de 300.000 sur un an. Le constat le plus évident est politique, si on se souvient d’une certaine campagne des primaires à gauche et de ce que disait son vainqueur, Benoît Hamon : non, ce n’est pas la fin de l’emploi et du travail. En tous cas, pas tout de suite. Les créations d’emploi ont redémarré au milieu du quinquennat de François Hollande, quinquennat au cours duquel sont sortis de terre un demi-million d’emplois au total -on n’en croit pas ses oreilles- essentiellement dans les services. Mais pas seulement dans le secteur privé : on en compte aussi pas loin de 200.000 en plus en cinq ans (eh oui) dans les services publics, surtout dans les collectivités locales. Si ce dernier thermomètre comptabilise aussi les emplois aidés et courts, on le voit, l’austérité a un petit côté farce. Oublions les chiffres, la conclusion est qu’après une dizaine d’années moroses, l’emploi repart et que la question est de savoir si les entreprises en ont encore sous le pied, si elles voudraient embaucher.

Parce que le chômage, lui, baisse à peine.

C’est vrai. Peut-on avouer quelque chose ? Les économistes se remuent les méninges pour trouver la cohérence entre ces nouveaux emplois et un nombre de demandeurs d’emplois inscrits à Pôle Emploi qui baisse peu. Ils avancent deux explications. 1- La population active, en âge de travailler, augmente toujours plus vite que le nombre d’emplois, pour raison démographique ou d’immigration. 2- La suppression de la dispense de recherche d’emploi joue. D’où, au total, la nécessité de créer davantage d’emplois. Chez nos voisins, le taux de chômage est bien plus bas, mais avec des emplois dont la « qualité » est parfois médiocre. Pour l’emploi, il y a ce que l’on appelle la solution par le bas : aider les entreprises économiquement (avec des aides) et socialement (avec des flexibilités). Mais il y a mieux, la solution par le haut : améliorer l’adéquation entre le système éducatif et de formation et les besoins en emplois. En attendant, savourons cette nouvelle : l’emploi est reparti.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.